Procès "Haurus" : l'ancien agent de la DGSI condamné à cinq ans de prison ferme

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L'ancien agent de la DGSI "Haurus" a été condamné à cinq ans de prison.
L'ancien agent de la DGSI "Haurus" a été condamné à cinq ans de prison. © DAMIEN MEYER / AFP
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Un ancien agent de la DGSI surnommé "Haurus" a été condamné jeudi à cinq ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Nanterre. Il était poursuivi pour avoir vendu sur internet des informations confidentielles qu'il retirait des dossiers de police. 

"Haurus", l'ancien agent de la DGSI jugé pour avoir vendu sur le darknet des informations tirées de fichiers de police protégés, a été condamné jeudi à cinq ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Nanterre. Le parquet avait requis sept ans de prison contre cet ancien brigadier de police de 35 ans, poursuivi pour une dizaine de chefs d'infraction dont "escroquerie" et "faux dans un document administratif". Il avait reconnu la majorité des faits qui lui sont reprochés, déclarant avoir agi par appât du gain.

Une activité frauduleuse pour "mettre du beurre dans les épinards"

Reconnu coupable de l'ensemble de ces faits, l'ex-agent, vêtu d'un polo bleu, est reparti menotté de la salle d'audience. Sa peine n'est pas aménageable "afin de prévenir" de nouveaux faits et il a l'interdiction définitive d'exercer dans la fonction publique, a déclaré la présidente lors du délibéré. Arrêté en septembre 2018, il a déjà passé un an de prison en détention provisoire. Son avocat, Me Yassine Bouzrou n'a pas souhaité s'exprimer à l'issue du délibéré. Il a dix jours pour faire appel de cette décision.

Lors de l'audience le mois dernier, "Haurus" avait déclaré avoir commencé ses activités illicites sur le darknet pour "mettre du beurre dans les épinards", puisqu'il était endetté. La procureure Catherine Denis avait, de son côté, dénoncé un "individu dénué de sens moral et de scrupule" qui a "trahi la République" et fait preuve d'une "absence totale de remords". Il vendait, contre une rémunération en bitcoins, des données confidentielles extraites de fichiers de police auxquels il avait accès : identités, adresses, géolocalisations téléphoniques. Selon l'accusation, il aurait effectué 382 recherches illégitimes et facturait ses services entre 100 et 300 euros. Il pouvait également fabriquer lui-même ou aider ses clients à confectionner des faux documents administratifs ou des faux chèques.

"Je ne suis pas pourri à ce point-là"

A la barre, il avait expliqué ne plus être ce "voyou" qui a "sombré par facilité". "Je ne suis pas pourri à ce point-là. J'ai conscience du mal que j'ai fait, ça ne se reproduira plus jamais", avait-il dit au tribunal, décrivant une forme "d'addiction" qui lui avait fait "perdre pied avec la réalité". Il avait rappelé qu'il n'avait pas vendu d'informations tirées de la base de renseignement de la DGSI, "Cristina", et qu'il avait simplement utilisé des fichiers auxquels tous les policiers avaient accès. 

Son compagnon, accusé d'être son complice, a lui été condamné à trois ans dont deux avec sursis mais relaxé du chef de complicité. Il est ressorti libre. Son avocat Dylan Slama n'a pas souhaité faire de commentaire mais s'est félicité de sa relaxe pour complicité. Un des clients d'"Haurus", jugé également à ses côtés - un homme connu dans le milieu du banditisme marseillais -, a, lui, été condamné à trois ans de prison avec mandat de dépôt "compte tenu de ses antécédents judiciaires". Il avait demandé à "Haurus" de lui donner des informations permettant de localiser plusieurs personnes, dont certaines ont été retrouvées mortes. Ce volet de l'affaire, toujours en cours d'instruction à Marseille, vaut à "Haurus" une autre mise en examen pour corruption passive et association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes en bande organisée.

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP