Procès de Bernard Preynat : un expert psychiatre le qualifie de "pervers sexuel"

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Procès Bernard Preynat PHILIPPE DESMAZES / AFP 1:26
Le psychiatre Michel Debout décrit l'emprise de Preynat sur ses victimes. © PHILIPPE DESMAZES / AFP
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Le troisième jour du procès de l'ancien prêtre Bernard Preynat se tient ce jeudi à Lyon. Hier, il a été question de la personnalité de l'ex-ecclésiastique. Le tribunal a entendu le premier des deux experts qui l'ont examiné : Michel Debout, psychiatre, qualifie Bernard Preynat de "pervers sexuel".

Surprise hier au procès de l'ancien prêtre Bernard Preynat, jugé à Lyon pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts il y a plus de 30 ans. Il était question de sa personnalité et il a révélé avoir été lui-même abusé dans sa jeunesse, et cela à plusieurs reprises entre sa 6ème et sa 4ème, par des hommes d'église. Même son avocat a été surpris de cette annonce. Le tribunal a aussi entendu le premier des deux experts psychiatres, le Docteur Michel Debout, qui considère que Bernard Preynat est un "pervers sexuel".

"C'est une négation de l'autre"

Michel Debout décrit notamment son emprise sur ses victimes. "J'essaye de dire ce que c'est, au niveau psychique, que d'être pervers : on ne peut pas se mettre à la place de l'autre; c'est une espèce de négation de l'autre en tant 'qu'autre'. Et quand c'est un enfant, évidemment, c'est de ne pas reconnaître l'immaturité de l'enfant, puisque l'enfant est forcément immature", détaille le psychiatre.

 

 

"La relation d'emprise est donc plus facile quand on est un adulte, et en plus un adulte avec des responsabilités telles qu'il a pu en avoir. C'est plus facile d'avoir une relation d'emprise avec un enfant qu'avec un adulte", rappelle Michel Debout pour qui Bernard Preynat est "Mi-prêtre, parce qu'il était prêtre et même qu'il a été apprécié, et mi-traître - c'est le côté pédophilique puisqu'il est traître à sa parole, à son vœu de chasteté et sa parole de confiance avec son église".

L'ancien prêtre a de son côté mis en cause la responsabilité de sa hiérarchie qui, alertée de ses pulsions, n'a pas exigé qu'il se fasse soigner. La fin du procès est prévue demain.

Europe 1
Par Jean-Luc Boujon, édité par Séverine Mermilliod