Procès Balkany, troisième jour : Patrick Balkany enchaîne les "punchlines" et tacle le fisc

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"Je n'ai pas un amour fou pour cette administration mais elle doit m'adorer", a notamment lâché, à propos du fisc, le maire de Levallois.
DANS LA SALLE D'AUDIENCE

Au troisième jour du procès du couple Balkany au tribunal correctionnel de Paris mercredi, toujours en l'absence d'Isabelle Balkany, qui a récemment tenté de se suicider, c'est un Patrick Balkany complètement à l'aise qui a fait sa propre introduction pour détailler tous les fonds dont sa femme et lui ont hérité. Il additionne les francs, les parts immobilières, les magots en Suisse, les ventes de meubles...

"Nos familles avaient de gros moyens, on a peut-être été mal habitués mais on a bien vécu", plaide-t-il. Après un quart de tour sur sa droite vers le procureur, il s'adresse à ce dernier avec un petit air compatissant : "Je suis désolé pour l'administration fiscale qui ne comprend pas que l'on puisse dépenser plus que ce que l'on a gagné."

"Je ne jette rien par les fenêtres"

Le deuxième round est lancé avec les questions du tribunal sur les villas. Balkany ose tout. A l'entendre, Giverny n'est qu'un vieux moulin dans son jus avec une piscine, malheureusement à refaire, et un terrain de tennis qui ressemble plus à un champ envahi de mauvaises herbes. Et le fait que le président rappelle que des constatations ont été faites sur place lui importe peu.

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C'est avec ce même apitoiement qu'il évoque la villa à Pamplemousse aux Antilles : "De simples bungalows, non pas sur deux niveaux mais un rez-de-chaussée et un sous-sol, même pas au bord de la mer." Quant aux liasses de billets brassées par le couple, Patrick Balkany se défend : "Non, ce n'est pas notre genre, je ne jette rien par les fenêtres."

"J'aurais préféré qu'on aille boire un café"

L'audition a duré quatre heures, interrompues simplement pour aller boire quelques gorgées d'eau pétillante. Le tonitruant maire de Levallois-Perret a enchaîné les "punchlines" et n'a pas manqué la moindre occasion d'attaquer le fisc. "Je n'ai pas un amour fou pour cette administration mais elle doit m'adorer. Si tous les mauvais payeurs payaient autant que moi, on n'aurait plus de problèmes en France", lâche-t-il.

Il s'est également offert toutes les digressions sur le métier de maire, la guerre, le prélèvement à la source... Son propre avocat l'a arrêté, juste après une question sur ses éventuels regrets. "Celui d'être devant vous. J'aurais préféré qu'on aille boire un café", a-t-il répondu.

Europe 1
Par Salomé Legrand, édité par Grégoire Duhourcau