Précarité et Covid-19 : "Je n'avais rien, mon réfrigérateur s'est vidé de plus en plus"

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Le confinement a poussé de nombreuses personnes à se rendre au Secours populaire pour pouvoir se nourrir. 1:28
Le confinement a poussé de nombreuses personnes à se rendre au Secours populaire pour pouvoir se nourrir. © OEL SAGET / AFP
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À 36 ans, Samuel a été rapidement plongé dans une situation financière très délicate à cause du confinement. Professionnel de la restauration, il s'est retrouvé au RSA et a dû pousser la porte du Secours populaire pour pouvoir s'en sortir. Il fait partie des nombreux nouveaux bénéficiaires de l'association. 
TÉMOIGNAGE

"C'était complètement insurmontable financièrement, je n'avais rien." Samuel a 36 ans, et après 22 ans dans la restauration, il s'est retrouvé du jour au lendemain sans emploi, fin février. Il fait en réalité partie de ces nouveaux bénéficiaires du Secours populaire depuis le confinement. Mercredi, l'association a mis en garde contre une flambée de pauvreté sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale dans le pays. Elle constate non seulement une hausse des demandes, mais surtout que 45% de ces nouveaux bénéficiaires étaient jusque-là inconnus.

"J'étais encore en période d'essai et mon patron s'est rétracté"

François, bénévole au Secours populaire, expliquait ce mercredi matin au micro d'Europe 1 qu'on comptait notamment des "professionnels de la restauration", comme Samuel. Début 2020, ce dernier démissionne d'un CDI pour un autre, mais le coronavirus frappe la France, l'économie se paralyse, les restaurants finissent par fermer. "Malheureusement, j'étais encore en période d'essai et mon patron s'est rétracté", raconte-t-il. "Sachant que je ne pouvais pas bénéficier du chômage puisque j'avais démissionné, j'ai touché le RSA, soit 500 euros par mois, avec un loyer de 700 euros." 

Une situation "complètement insurmontable financièrement"

Samuel se retrouve alors pris dans une spirale "complètement insurmontable financièrement". "Je n'avais rien, mon réfrigérateur s'est vidé de plus en plus, j'ai dû emprunter de l'argent et j'ai aujourd'hui 3.000 euros de dettes." Une somme qui lui a "juste permis de sortir le nez de l'eau pour pouvoir respirer."

Plusieurs mois après, Samuel bénéficie encore du Secours populaire. "J'ai besoin de briques de lait ou de beurre, il n'y a pas de petites économies dans ma situation. Donc malheureusement et heureusement, je vais encore au Secours populaire."

Europe 1
Par Yasmina Kattou, édité par Ugo Pascolo