Ouverture d'une information judiciaire contre un chirurgien grenoblois

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Le médecin a déjà été suspendu en janvier, avec effet au 1er mai, par le Conseil national de l'ordre des médecins. (Photo d'illustration)
Le médecin a déjà été suspendu en janvier, avec effet au 1er mai, par le Conseil national de l'ordre des médecins. (Photo d'illustration) © AFP
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Le procureur de Grenoble a annoncé mardi soir l'ouverture d'une information judiciaire pour blessures involontaires à l'encontre du docteur V., un chirurgien orthopédiste grenoblois.

Une information judiciaire pour blessures involontaires a été ouverte mardi soir à l'encontre du docteur V., un chirurgien orthopédiste grenoblois, concernant 27 plaignants, a annoncé le procureur de la République Eric Vaillant. "Ce jour, le parquet a reçu le retour de l'enquête de police qui avait été ordonnée et une information judiciaire a été ouverte à l'encontre" du Dr V. "pour blessures involontaires ayant entraîné une ITT (incapacité totale de travail, NDLR) supérieure à trois mois, à l'encontre de 27 plaignants", a précisé le procureur dans un communiqué.

Suspendu en janvier

Le médecin a déjà été suspendu en janvier, avec effet au 1er mai, par le Conseil national de l'ordre des médecins (CNOM), pour trois ans dont 18 mois avec sursis, sur la base d'une soixantaine de dossiers. Révélant début avril une demi-douzaines de plaintes, l'avocat de ces personnes, Me Edouard Bourgin, avait reçu ensuite les témoignages de dizaines de personnes s'estimant victimes de ce chirurgien. Il avait organisé une réunion d'information, au début de laquelle la presse avait assisté, et avait pu constater un nombre important de personnes avec des prothèses, des minerves ou en fauteuil roulant, qui pour beaucoup décrivaient un homme pressé d'opérer, et leur affirmant qu'elles risquaient de rester infirme si elles n'obtempéraient pas rapidement.

L'avocat du chirurgien a lancé une série de plaintes pour diffamation

Son avocat, Me Bernard Boulloud, avait néanmoins lancé une série de plaintes en diffamation, notamment contre six patients, qui avaient eu pour effet d'atténuer les accusations dans la presse. "Il faudra faire des expertises, ce sera long et compliqué, il vaut donc mieux qu'il y ait une information judiciaire" et un juge d'instruction qui s'occupe de cette affaire, a expliqué Eric Vaillant, sans exclure que "d'autres cas apparaissent". S'alarmant lui-même de la campagne dans la presse d'il y a quelques semaines, le procureur a cependant insisté sur le fait que "ce monsieur est présumé innocent".