Normandie : un radar ornithologique destiné aux chasseurs crée la polémique

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"L’objectif de la fédération des chasseurs n’est pas de favoriser la biodiversité, mais simplement de collecter des données pour favoriser leur loisir", dénonce EELV.
"L’objectif de la fédération des chasseurs n’est pas de favoriser la biodiversité, mais simplement de collecter des données pour favoriser leur loisir", dénonce EELV. © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
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Financé en partie par la région, il va permettre aux chasseurs de mener leur propre étude sur les migrations des oiseaux, ce qui n'est pas du goût des défenseurs de l'environnement.

Cadeau aux chasseurs pour les uns, outil pour mieux gérer la biodiversité pour les autres. Un radar ornithologique de la fédération des chasseurs de Normandie crée la polémique. La région a en effet décidé d'aider à cette acquisition à hauteur de 180.000 euros, une aide qui n'est pas du goût de tout le monde, a expliqué dimanche Ouest France.

Les chasseurs veulent leur propre étude. C'est le 22 novembre dernier que la région de Normandie a décidé d'octroyer à la fédération locale de chasse cette somme d'argent. L'objectif est en théorie scientifique : les chasseurs, avec l’Institut scientifique Nord-Est-Atlantique (Isnea), vont mener leur propre étude sur les populations d'oiseaux en relevant les trajectoires des migrations hivernales. Une des conséquences de cette étude, selon ses résultats, pourrait être de modifier les dates de la campagne de chasse. "Nous savons déjà que les oies cendrées, très nombreuses dans le nord de l’Europe, font des ravages dans les cultures. Si l’on constatait un tel phénomène chez nous, on pourrait prolonger la période de chasse, de mi-janvier à février", a ainsi expliqué à Ouest France Gérard Bamas, président de la fédération de la Manche et président du conseil scientifique de l’Isnea.

Installé en 2019. Opérationnel en 2019, le radar, capable de reconnaître les différents types d'oiseaux en analysant leur battement d'ailes, sera installé dans la baie de Veys, à la limite de la Manche et du Cotentin. Il sera ensuite déplacé en baie de Seine, dans l'Eure, puis, finira son office dans l'Orne. Pour éviter les dégradations, ses emplacements successifs précis ne seront pas dévoilés.

Pour EELV, la région fait du "clientélisme". Du côté des défenseurs de l'environnement, ça grince cependant des dents. Dans un communiqué, le parti Europe Ecologie-Les Verts dénonce notamment "un rapprochement" entre la région et les chasseurs "par simple clientélisme" et "pour récompenser un partenaire de majorité".

Le parti d'opposition relève aussi que l'étude ne vise que des oiseaux qui sont considérés comme "des gibiers par les chasseurs". "L’objectif de la fédération des chasseurs n’est pas de favoriser la biodiversité, mais simplement de collecter des données pour favoriser leur loisir", affirme le communiqué.