Non, la viande rouge n'est pas aussi mauvaise pour la planète qu'on le dit

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Depuis la ferme où elle s'est installée, en Haute Loire, Fanny Agostini s'attaque mercredi à un sujet épineux et sensible : la consommation de viande rouge.

Nous l'entendons à longueur de journée : manger de la viande rouge serait terrible pour notre empreinte carbone. Mais pour bien comprendre les répercussions réelles de notre consommation de viande, il est important de comprendre notre système alimentaire. 

S'intéresser aux conditions d'élevage

Prenons l'exemple d'une vache, élevée en extérieur et qui dispose de plus d’un hectare d’herbe : cette vache-là ne va pas stresser. Elle n’aura pas de trouble digestif lié à une alimentation trop riche et déséquilibrée, comme c’est bien souvent le cas des vaches enfermées et alimentées avec des céréales. Ainsi, cette vache, tranquille et heureuse dans son pré, dégazera très peu de méthane - un gaz 25 fois plus puissant, en termes de gaz à effet de serre, que le dioxyde de carbone. 

En prime, cette vache d’extérieur, en broutant l’herbe, favorisera la séquestration du CO2 atmosphérique dans le sol, et ce, en très grande quantité - de l’ordre de 0,7 tonne par an et par hectare. Car lorsqu'une vache broute, elle active automatiquement la repousse de l’herbe derrière elle, une herbe qui utilise du carbone pour sa photosynthèse. Pour le dire autrement, l’élevage au grand air des bovins permet de capter du carbone, ce qui n’est absolument pas négatif pour le climat.

A contrario, un poulet peut avoir une très forte empreinte carbone puisqu'il mange des graines qu’il faut acheminer du bout du monde dans 90% des cas, puisque la France n’est pas autonome dans ce secteur-là.

Privilégier la viande locale

Bien évidemment, il faut modérer sa consommation en viande, qu’elle soit rouge ou blanche, mais pour ne pas impacter le climat, il s'agit surtout de s’intéresser aux conditions d’élevage des animaux. La clé est de favoriser les méthodes d’élevage qui privilégient l’extensif plutôt que l’intensif, le bien-être animal plutôt que la productivité, et surtout la production locale, qu’elle soit végétale ou animale.

Car si nous relocalisons notre système alimentaire, et limitons donc les kilomètres parcourus par les produits que nous consommons, nous éliminerons une partie conséquente du problème.

Europe 1
Par Fanny Agostini, édité par Cécile Da Costa