Nice : des policiers municipaux dans les écoles

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© PASCAL GUYOT / AFP
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A partir du lundi 16 avril, trois établissements vont se voir affecter un policier municipal non armé afin d'assurer différentes missions de sécurité et de surveillance des alentours. 

Les petits niçois vont devoir s'y habituer. Dès lundi, des policiers municipaux vont être présents, sans armes, dans trois écoles de Nice, précise Nice Matin.

En test jusqu'en juillet 2018. Ronde matinale, vérification et entretien des dispositifs de sécurité de l'école, contrôle des accès et des abords etc. Voici une partie des prérogatives que vont devoir assurer les trois policiers municipaux qui vont prendre leur service dans les enceintes de trois établissements scolaires niçois : un en centre-ville, un dans les quartiers ouest et un sur les collines. Ce test doit se poursuivre jusqu'à la fin de l'année scolaire, en juillet 2018. S'il s'avère concluant, le dispositif pourrait être étendu à toutes les écoles niçoises qui le souhaitent.

Un projet critiqué. Présenté comme une "première en France" selon le maire LR de Nice, Christian Estrosi, a suscité de vives critiques aussi bien de la part d'enseignants, que du Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM). "Il est évident qu'en cas d'attaque terroriste dans une école, le policier sera une cible privilégiée", dénonce le SDPM. "L'effet recherché a de très fortes probabilités d'être nul", poursuit-il. "Ce qu'il nous faut dans les écoles, ce ne sont pas des policier-es mais des secrétaires administratives, des ATSEM, des infirmier-es scolaires...", réclame de son côté le syndicat enseignant CGT Educ'action. "Ce qu'il faut à la prévention, ce n'est pas un-e policier-e dans les écoles, mais du budget pour les services sociaux."

Les écoles, "cibles de Daech". "Nous appelons chacun à prendre en compte le risque qui pèse aujourd'hui sur les écoles, qui sont désormais aussi des cibles pour Daech et à attendre le résultat de cette expérimentation unique en France plutôt que de chercher à la rejeter d'emblée pour de simples raisons idéologiques", avait alors répondu la ville de Nice à ses détracteurs. Après l'attentat sur la Promenade des Anglais qui avait fait 86 morts le 14 juillet 2016, Nice a mis en place des vigiles devant les écoles, remplacés depuis par des policiers. La ville s'est aussi dotée d'une salle de vidéosurveillance dédiée aux écoles, en plus d'alarmes anti-intrusion, de boutons d'alertes et badges d'accès.

A terme, Christian Estrosi, le maire de Nice, souhaiterait aller encore plus loin avec la présence de policiers armés dans les établissements scolaires. Mais pour le moment, parents et enseignants y sont totalement opposés.

Europe 1
Par Ugo Pascolo