Nantes : 250 migrants menacés par une demande d'expulsion de leur hébergement

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Fin octobre, une soixantaine de demandeurs d'asile avaient été délogés d'un square de Nantes.
Fin octobre, une soixantaine de demandeurs d'asile avaient été délogés d'un square de Nantes. © LOIC VENANCE / AFP
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Installés depuis quatre mois à Nantes dans un gymnase et une maison dans des conditions précaires dénoncées par des associations, 250 migrants sont menacés par une demande d'expulsion.

Le sort d'environ 250 migrants, installés depuis quatre mois à Nantes dans un gymnase et une maison dans des conditions précaires dénoncées par des associations, est menacé par une demande d'expulsion, a-t-on appris jeudi en marge d'une audience. La justice rendra deux décisions successives, les 14 et 28 mars.

"Les mettre à la rue de façon sèche serait une vraie catastrophe". "Il y a toujours des enfants, des femmes et évidemment beaucoup d'hommes dans ce gymnase : les mettre à la rue de façon sèche serait une vraie catastrophe humanitaire", a déclaré François Prochasson, membre du collectif de soutien aux migrants, en marge d'une audience qui se tenait jeudi matin.

Fin octobre, une soixantaine de demandeurs d'asile avaient été délogés d'un square de Nantes, et avaient trouvé refuge dans le gymnase d'un lycée catholique inoccupé, propriété du diocèse, dans la commune voisine de Saint-Herblain. Les effectifs avaient gonflé et quelques familles étaient également logées dans une maison, portant à environ 250 le nombre de migrants pris en charge par les bénévoles. 

Les bénévoles craignent les expulsions. L'audience a fait suite à deux assignations en référé d'expulsion, déposées par le diocèse et le promoteur immobilier propriétaire de la bâtisse. "On demande que la ville de Nantes réquisitionne des bâtiments vides pour mettre les personnes à l'abri" indépendamment de leur situation administrative, a déclaré Christophe Jouin, président de "L'autre cantine", collectif également engagé dans ce dossier, qui dénonce le "ping-pong entre les institutions".

Les bénévoles craignent que les décisions de la justice, qui seront rendues le 14 mars pour la maison et le 28 mars pour le gymnase, conduisent à des expulsions sans délai, fragilisant la prise en charge de ces personnes et leurs chances de relogement. "Tout le monde est d'accord pour dire que les conditions d'hébergement ne sont pas satisfaisantes. C'est à l'État de prendre en charge toutes ces personnes-là et d'assumer ses responsabilités en la matière", a souligné Me Stéphane Vallée, l'avocat des demandeurs d'asile.