Nanterre : plus de 400 personnes saisissent la justice contre les compteurs Linky

Le compteur Linky permet de relever à distance et en direct la consommation des clients.
Le compteur Linky permet de relever à distance et en direct la consommation des clients. © DAMIEN MEYER / AFP
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Les requérants invoquent notamment l'impact des ondes électromagnétiques sur la santé. 

Environ 430 personnes ont saisi la justice à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, lundi pour empêcher la pose de compteurs Linky à leurs domiciles, ou demander à ce qu'ils soient retirés. Ce "compteur intelligent", dont l'installation est pilotée par Enedis et qui permet de relever à distance et en direct la consommation en électricité des clients, fait l'objet de polémiques récurrentes depuis son déploiement en 2015.

Devant le tribunal de Nanterre, Me Corinne Lepage et Me Christophe Lèguevaques ont plaidé pour le retrait ou la non-installation de ces compteurs chez les requérants, invoquant l'impact des ondes électromagnétiques sur la santé, une atteinte au libre choix ou à la vie privée.

Comme à Nanterre, des particuliers ont saisi les tribunaux en référé à travers la France, sous forme d'actions collectives - 22 procédures sont en cours, avec plus de 5.000 requérants. À Nanterre, une vingtaine d'entre eux étaient présents. Eric, un retraité originaire de Haute-Marne, évoque des raisons "démocratiques" - les opposants à Linky estiment qu'Enedis collecte de l'information pour les vendre à des tiers. Régine, qui a crée un collectif à Vigneux-sur-Seine, dans l'Essonne, parle d'une voisine "électro-hypersensible" qui a dû déménager depuis la pose du compteur vert anis chez elle, ne supportant plus les maux de tête et fourmillements récurrents.

Enedis assure avoir pris des "garanties sérieuses" sur la question sanitaire

"Nous ne sommes pas dans un débat entre les plus forts et les plus faibles, les puissants contre les victimes", a plaidé l'avocat de la filiale d'EDF, Michel Guénaire. Sur la question sanitaire, Enedis a pris des "garanties sérieuses" et n'a pas "pipoté" l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) - qui a jugé "très faible" la probabilité que les compteurs puissent avoir des effets nocifs - contrairement à ce qu'avaient affirmé ses contradicteurs. Quant aux accusations de "commerce" des données recueillies par le compteur qui équipe aujourd'hui 19 millions de foyers, elles sont "invraisemblables", a-t-il dit. "Nous ne ferons rien de ces données", a martelé Me Guénaire.

Le tribunal de Nanterre rendra sa décision le 2 août. Si les tribunaux ont pour l'heure débouté la grande majorité des anti-Linky, ils ont obtenu une première victoire en mars à Toulouse, où treize personnes souffrant d'hypersensibilité aux ondes avaient obtenu le droit de ne pas être équipées contre leur gré. À Bordeaux, le juge avait demandé à Enedis de poser un "filtre" protecteur chez une dizaine de personnes considérées comme "électro-hypersensibles". Enedis a fait appel de ces deux décisions.