Livreur mort après une interpellation : "Plus on salit la victime, plus on justifie les violences policières"

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William Bourdon 4:00
William Bourdon, avocat de la famille de Cédric Chouviat
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William Bourdon, un des avocats de la famille de Cédric Chouviat, est revenu sur Europe 1 sur la mort de ce livreur à la suite d'un violent contrôle policier. Il fustige les dernières révélations du Point, sur le fait que le livreur conduisait sans permis, un moyen selon lui de "salir la victime". 
INTERVIEW

Dimanche 5 janvier, Cédric Chouviat est décédé suite à un contrôle policier controversé, à Paris. Ce livreur et père de famille de 42 ans a été victime d'une asphyxie "avec fracture du larynx", selon les premiers éléments de l'autopsie. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour "homicide involontaire".

Vendredi, Le Point a révélé que Cédric Chouviat roulait sans permis de conduire et était sous le coup de 375 procès verbaux non payés. Une révélation sans rapport avec les faits, estime l'un des avocats de la famille, William Bourdon, invité d'Europe 1 samedi matin. "Il y a un principe malheureux dans ce pays : certains veulent faire croire aux Français, avec des plumes complaisantes, que plus on salit la victime, plus cela justifie les violences policières", a-t-il martelé. 

Des allégations "dégueulasses"

William Bourdon dénonce des pratiques "dégueulasses" : "Faut-il être un saint, avoir parcours exemplaire, pour être reconnu comme victime de violences policières dans ce pays ?", interroge-t-il. Il voit dans ces allégations la "difficulté" de certains policiers à être "redevables judiciairement et devant les citoyens". Une "stratégie d'intoxication de l'opinion" qui contribue selon lui à creuser le lien de confiance entre forces de l'ordre et population. 

Des révélations d'autant plus inacceptables qu'elles sont en partie infondées, explique l'avocat. "Cédric Chouviat avait un scooter de 50 cm cubes. Pas besoin d'un permis pour le conduire", assure-t-il. Mais véridiques ou non, "comment ces accusations pourrait justifier, a posteriori, l'étouffement, l’asphyxie qui ont mené à sa mort ?", demande William Bourdon. Et de conclure : "Les violences volontaires ont été totalement disproportionnées. Et c'est le seul sujet."

Europe 1
Par Laetitia Drevet