Livreur mort après une interpellation à Paris : "On a assassiné mon fils"

, modifié à
  • A
  • A
Police 1:28
La polémique enfle autour de la mort de Cédric Chouviat, livreur de 42 ans, décédé dimanche des suites d'une crise cardiaque survenue lors d'une interpellation policière, à Paris. © AFP
Partagez sur :
Le livreur en scooter de 42 ans mort dimanche à la suite d'un contrôle routier à Paris a été victime d'une asphyxie "avec fracture du larynx" selon les premiers éléments de l'autopsie. Christian Chouviat, le père du conducteur, s'est exprimé lors d'une conférence de presse. "On a assassiné mon fils, c'est un meurtre", a-t-il déclaré.
TÉMOIGNAGE

La polémique enfle autour de la mort de Cédric Chouviat, livreur de 42 ans, décédé dimanche des suites d'une crise cardiaque survenue lors d'une interpellation policière vendredi alors qu'il roulait en scooter aux abords de la Tour Eiffel. Les premiers éléments de l'autopsie communiqués mardi par le parquet de Paris révèlent que le livreur a été victime d'une asphyxie "avec fracture du larynx", à l'origine d'un malaise cardiaque. La famille dénonce "une bavure policière" et annonce porter plainte.

"On a assassiné mon fils"

"On n'est pas dans une cité, ce n'est pas un dealer, ni quelqu’un de mal foutu, c’est un travailleur. Pourquoi ?", s'interrogeait le père de la victime, Christian Chouviat, mardi lors d'une conférence de presse. "Cela n'a a été qu'un tissus de mensonge jusqu’à 16 heures". Alors que le conducteur a été interpellé à 10 heures du matin, les proches de Cédric Chouviat n'ont été prévenus que dans l'après-midi.

Dès ce week-end, les avocats de la famille avaient lancé un appel à témoin pour recueillir des vidéos ou témoignages sur les circonstances de l'interpellation du conducteur. Ils ont révélé ces éléments lors d'une conférence de presse mardi matin. Sur plusieurs extrait, Cédric Chouviat est filmé au sol, maintenu par les membres des forces de l'ordre. "La vérité aujourd’hui, quand on voit les images, c’est qu’on a assassiné mon fils, c’est un meurtre", déclare le père. 

"Un père de famille de cinq enfants"

"Tant que mon cœur battra, j’irais au combat. Aujourd’hui j’enterre mon fils, un père de famille de cinq enfants. Vous avez une famille révoltée", a-t-il ajouté. "Je n’ai pas de haine contre la police nationale j’ai la haine contre ces trois individus. Je n’ai plus confiance en personne, je n’ai confiance qu’en mes avocats."

Selon les policiers, le livreur téléphonait au volant de son scooter, alors qu'il roulait aux abords de la Tour Eiffel. Il se serait montré irrespectueux et agressif à l'égard des policiers qui décident alors de l'interpeller. Toujours selon la version officielle, alors qu'il est menotté, le conducteur est victime d'un malaise cardiaque. L'IGPN, la police des polices, a ouvert une enquête. Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, a présenté ses condoléances aux proches de Cédric Chouviat, tout en déclarant que les résultats de l'autopsie soulevaient "des questions légitimes, auxquelles des réponses devront être apportées en toute transparence."

Europe 1
Par Marion Dubreuil, édité par Mathilde Durand