Les premières épreuves du nouveau bac menacées par un boycott des profs

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Photo d'illustration © DOMINIQUE FAGET / AFP
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La réforme du baccalauréat ne passe toujours pas chez les professeurs. Après les troubles du mois de juin lors des corrections, les premières épreuves de contrôle continu de la nouvelle formule du bac, prévues lundi, sont menacées par un appel au boycott des syndicats d'enseignants.

A quelques jours de l'échéance lundi, les premières épreuves de contrôle continu du nouveau baccalauréat sont menacées par un appel au boycott de syndicats d'enseignants, qui demandent leur report et dénoncent une réforme mal préparée. Grèves de surveillance, refus de corriger les copies ou de transmettre les notes : les opposants envisagent les mêmes modes d'action qu'au moment des corrections du baccalauréat en juin, qui avaient créé la confusion.

Prévues à partir de lundi, ces premières épreuves de contrôle continu, les "E3C" dans le jargon, doivent s'étaler sur un mois et demi en fonction des lycées. Elles portent sur l'histoire-géographie, les langues vivantes ainsi sur que les mathématiques pour les élèves de la voie technologique. Grandes innovations du nouveau bac, ces épreuves réparties en trois sessions sur les années de Première et Terminale comptent pour 30% de la note finale.

Même les prestigieux Louis-le-Grand et Henri-IV s'y mettent

Dans chaque établissement, les professeurs doivent piocher dans une banque nationale de sujets mais certains d'entre eux s'y refusent. "Sur notre secteur, les 50 profs d'histoire-géo se sont mis en réseau pour ne pas faire remonter les sujets des épreuves qu'on devaient sélectionner et nous ne ferons pas passer ce contrôle continu. On entre dans le dur", assure Jimmy, professeur d'histoire-géographie au lycée Angela-Davis de Saint-Denis, en banlieue parisienne. "Mon chef d'établissement m'a demandé mes trois sujets pour les E3C [les épreuves de contrôle continu, ndlr], mais je ne les ai pas donné", explique au micro d'Europe 1 Lydia, professeur d'histoire-géo à Clermont-Ferrand. "Donc aucun des élèves de mon lycée, n'ont pas de sujets dans ma matière". 

Dans les lycées où les professeurs ont refusé de choisir les sujets, il a été demandé aux inspecteurs régionaux de le faire à leur place. Même un établissement comme le prestigieux lycée Louis-Le-Grand à Paris est concerné. "Nous sommes au minimum 13% en grève reconductible depuis jeudi dernier, contre la réforme des retraites et pour la suppression des épreuves de contrôle continu, ce qui est assez historique pour un établissement comme le nôtre", lance un professeur qui souhaite garder l'anonymat.

Non loin de là, au non moins réputé lycée Henri-IV, "une vingtaine de profs" sont en grève reconductible depuis mardi contre la réforme des retraites. "Mais de fait, nous ne serons pas présents pour la tenue des épreuves de contrôle continu la semaine prochaine", explique un professeur.

Jean-Michel Blanquer se veut rassurant

"Il y aura des perturbations sur ces épreuves, outre celles qui sont à prévoir parce que rien n'est au point du côté de l'administration", prévient Odile Deverne, prof de français en lycée à Lille. Jeudi sur RTL, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer s'est voulu rassurant, estimant que ces actions étaient le fait d'une "petite minorité". "Dans la grande majorité des établissements, les choses se présentent très bien", a-t-il affirmé.

"Tout est prêt pour que cela fonctionne", avait-t-il déjà lancé mardi devant l'Assemblée nationale.

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP