Le "tireur de Libé" de nouveau condamné à 25 ans de réclusion criminelle en appel

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Abdelhakim Dekhar a également été reconnu coupable de tentatives d'assassinats sur un journaliste et deux employés de la Société Générale.
Abdelhakim Dekhar a également été reconnu coupable de tentatives d'assassinats sur un journaliste et deux employés de la Société Générale. © Benoit PEYRUCQ / AFP
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Abdelhakim Dekhar avait grièvement blessé un assistant photographe de "Libération" en 2013.

Abdelhakim Dekhar, qui avait grièvement blessé un assistant photographe de Libération en 2013 lors d'un périple armé, a vu sa peine de 25 ans de réclusion criminelle confirmée en appel jeudi.

La cour d'assises de l'Essonne a prononcé la même peine qu'en première instance, assortie d'une période de sûreté des deux tiers. Elle a en revanche élargi la culpabilité du "tireur de Libé", également reconnu coupable de tentatives d'assassinats sur un journaliste de BFM TV et sur deux employées de la Société Générale.

"Je n'ai jamais voulu tuer", s'est défendu Abdelhakim Dekhar. La cour est restée insensible au nouveau visage affiché par Abdelhakim Dekhar, celui d'un "loser" qui n'a "jamais voulu tuer". Elle a préféré suivre l'avocat général, Jean-Christophe Crocq, qui a dépeint un "guérillero maladroit" n'ayant manqué ses cibles à BFMTV et à la Société Générale que par malchance ou gaucherie. 

En novembre 2013, Abdelhakim Dekhar avait semé l'effroi à Paris et ses alentours, armé d'un fusil à pompe. Après cinq jours de traque, les policiers l'avaient retrouvé dans une voiture, remplie de médicaments qu'il venait d'ingurgiter. 

"Je n'ai jamais voulu tuer ou heurter qui que ce soit", a-t-il juré. À Libération, il avait atteint l'assistant photographe, César Sébastien, dans le dos avec une munition pour sanglier, selon l'expertise balistique.

La défense voulait requalifier les faits en violences volontaires avec préméditation. Ses avocats ont tenté de nourrir le doute. "Il voulait faire un mauvais coup", ont-ils reconnu mais "à moins d'avoir une boule de cristal, personne ne peut affirmer" l'intention meurtrière. Au siège de BFMTV, impossible de voir via la vidéosurveillance si son doigt est sur la détente, ont-ils argué. Devant la banque, il "relève le canon de son arme" au moment de tirer, selon des témoins. Un geste volontaire ?

La défense a échoué à requalifier les faits en violences volontaires avec préméditation. Une démarche "téméraire et insultante pour les victimes", a tancé froidement l'avocat général.