Abdelhakim Dekhar, le tireur de "Libération", dit avoir agi par désespoir

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Abdelhakim Dekhar est jugé en récidive pour tentatives d'assassinats. © Benoit PEYRUCQ / AFP
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Abdelhakim Dekhar, jugé pour avoir notamment blessé un photographe de "Libération" au fusil en 2013, a déclaré au premier jour de son procès avoir agi par "désespoir".

L'auteur de menaces ou d'attaques au fusil à pompe contre BFMTV, Libération et la Société générale en novembre 2013, Abdelhakim Dekhar, a déclaré vendredi, au premier jour de son procès, avoir commis "l'irréparable" par désespoir. Deux décennies après sa condamnation à quatre ans de prison dans le procès des amants "tueurs de flics" Rey-Maupin, cet homme de 52 ans comparaît aux assises pour récidives de tentative d'assassinat, enlèvement et séquestration. 

"Échapper au déterminisme social". Abdelhakim Dekhar est longuement revenu sur son "combat politique", dont il a situé les origines dans son histoire familiale : une famille algérienne "spoliée", dispersée et "prolétarisée" par la colonisation française, dont plusieurs membres ont été tués pendant la guerre d'indépendance ; des parents "très marqués à gauche et engagés politiquement" dans la Lorraine de la crise sidérurgique. "J'ai essayé d'échapper au déterminisme social qui nous était imposé", a-t-il expliqué à la barre.

Pas de "combat politique". En détention provisoire depuis novembre 2013, Abdelhakim Dekhar a dit avoir fait un "travail d'introspection" et reconnu que les blessures infligées en 2013 au photographe César Sébastien, à Libération, était une "grave injustice". "Il faut dissocier la personne que je suis, 35 ans de militantisme, et les faits qui me sont reprochés", a-t-il expliqué. "Ce qui fait que je suis ici n'est pas la résultante d'un combat politique mais d'un désespoir."

"Commettre l'irréparable". Il attribue ce désespoir à l'accumulation d'un divorce douloureux, du décès de son frère d'une tumeur, de l'échec d'un projet d'entreprise en Grande-Bretagne et de déboires avec la justice britannique qui ont conduit à la perte de son travail de technicien de maintenance. "C'est ça qui m'a fait commettre l'irréparable", a-t-il ajouté. "Je n'ai voulu à aucun moment m'en prendre à la personne humaine. Je voulais m'en prendre à la structure et le but était de me suicider (…) J'ai voulu scénariser ma mort." Le procès doit durer une semaine. Abdelhakim Dekhar encourt la prison à perpétuité. 

Il est reproché à Abdelhakim Dekhar d'avoir menacé le 15 novembre 2013 des journalistes et un agent de sécurité de BFMTV avec un fusil à pompe, blessé grièvement trois jours plus tard un photographe dans le hall du quotidien Libération et tiré le même jour sur les locaux de la Société générale à la Défense, près de Paris. Il avait ensuite contraint sous la menace un automobiliste à le conduire sur les Champs-Élysées et n'avait été arrêté que le 20 novembre 2013, sur dénonciation d'un ami.