Le mystère des truffes percé grâce… aux chauves-souris

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Dans sa chronique "Rendez-vous à la ferme" sur Europe 1, Fanny Agostini revient sur la découverte d'un spéléologue qui a permis d'en savoir plus sur les truffes, ce champignon très cher mais aussi très demandé par les gourmets.

>> Les truffes, ces champignons sous-terrains à parfois plus de 1.000 euros le kilo, ne nous ont pas dévoilé tous leurs secrets de fabrication. L’écrivain Peter Mayle disait même que le monde de la truffe est "plus secret que l’organisation des Renseignements généraux". La chroniqueuse Fanny Agostini raconte comment certains mystères ont été levés grâce aux chauves-souris.

Il faudra attendre le début du 21ème siècle pour commencer à percer l’immense mystère autour de ce champignon. Et ce sont bien les chauves-souris qui nous ont mis sur la bonne piste ! Ce serait dans l’Oise, qu’un spéléologue, en mission sur le terrain pour étudier les chauves-souris, est tombé sur une truffe. Pas une, en fait, mais des dizaines de truffes !

Au début, il ne savait pas de quoi il s’agissait : il a d’abord observé d’étranges boules noires qui tapissaient le sol de la galerie dans laquelle il travaillait. C’est alors qu’il a levé la tête et vu que sur le plafond de la grotte, des truffes dépassaient de partout. Il y en avait des matures et d’autres en formation, toutes reliées à la surface avec leur arbre mère.

Très étonné par cette découverte, le spéléologue a rapporté des échantillons de sa trouvaille à des mycologues, des spécialistes des champignons. C’est grâce à cette découverte inattendue que l'on a pu, pour la première fois, étudier la formation de ces champignons de très près, et mettre le doigt sur le cordon ombilical des truffes.

La grotte est devenue un laboratoire grandeur nature

Cette caverne à chauves-souris est devenue un laboratoire grandeur nature pour les scientifiques qui ont pu observer, pendant plusieurs mois, le processus de formation des truffes en direct - et, chose inédite, par en-dessous. Ils ont mis en évidence un filament invisible à l’œil nu qui joue le rôle d’intermédiaire avec l’arbre et qui fournit les nutriments nécessaires à la croissance des embryons de truffes. 

Autre découverte inattendue : cela a permis de comprendre leur sexualité. Car oui, la truffe a une vie sexuelle ! Au pied d’un arbre, ce sont généralement des truffes du même sexe qui naissent, et leurs filaments doivent entrer en contact avec ceux d’une truffe appartenant à l’autre sexe pour donner naissance à des petites truffes. 

Malheureusement, ce surprenant champignon devient de plus en plus rare. Au début du XIXe siècle, la France produisait 700 tonnes de truffes par an, alors que de nos jours, les producteurs dépassent rarement les 50 tonnes.

Europe 1
Par Fanny Agostini