Le mari de Christiane s’est suicidé il y a quinze ans : "Je suis éteinte"

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Christiane a perdu goût à la vie depuis que son mari s’est suicidé il y a quinze ans. Au micro d’Olivier Delacroix, sur "La Libre antenne" d’Europe 1, Christiane raconte que plus rien ne l’intéresse depuis la mort de son mari et que désormais seuls ses deux animaux la maintiennent en vie.
TÉMOIGNAGE

Il y a quinze ans, Christiane a perdu son mari qui s’est suicidé. Son mari était son pilier et depuis sa mort, elle a perdu goût à la vie. Désormais, elle a peur de sortir de chez elle et n’est plus intéressée par rien. Elle raconte que ce sont ses deux animaux qui la maintiennent en vie. Au micro de "La Libre antenne" sur Europe 1, Christiane confie à Olivier Delacroix son chagrin qui dure depuis quinze ans.

"J’ai 76 ans. J’ai fait ma vie. Je n’attends plus rien. J’ai deux animaux qui me tiennent en vie. Je voudrais partir après eux parce qu’ils sont habitués à moi. Mon mari est parti il y a quinze ans. C’était ma béquille. Il avait une place très haute pour moi. Je suis très négative. J’ai toujours peur de sortir. Les gens me font peur. Quand je sors, il me tarde de rentrer vite pour me retrouver chez moi. Je suis bien chez moi. Je me force pour tout. Quand je dois aller quelque part, j’en suis malade à l’avance.

" Il me tarde de partir de ce monde "

Je trouve les journées longues. Il me tarde de partir de ce monde, tout en étant embêtée à cause de mes animaux. Plus rien ne m’intéresse. Je n’ai plus d’odorat ni de goût depuis dix ans. C’est parti petit à petit. On me dit que c’est dans la tête. J’ai consulté une psychiatre pendant quinze ans quand mon mari est parti. Ça me faisait du bien de parler. Il ne manquait qu’à moi mon mari, donc j’avais l’impression d’embêter les autres quand j’en parlais, ça ne les intéressait pas.

J’ai des enfants. Ils viennent me voir un peu, mais ils en ont marre de voir que je ne suis pas bien depuis que leur père est parti. Je suis éteinte. Je n’ai pas la même joie de vivre que j’avais quand mon mari était là. On faisait beaucoup de choses, j’avais des amis. Je n’ai plus rien. Mes amies d’enfance sont parties loin. Elles disent que je suis négative. Je le reconnais, je ne suis pas gaie. Le dimanche, je vais chez ma sœur. On parle de choses et d’autres, mais maintenant, elle perd la mémoire immédiate.

Voir mes enfants, ça ne m’intéresse pas. Je suis comme ça depuis que mon mari est parti en 2003. Il s’est suicidé. Je me suis sentie responsable. Il était tellement gentil, il ne disait jamais non à personne. Je n’ai pas assez parlé, je n’ai pas fait ce qu’il fallait. Je me suis remise en question. Quand je refais le film, je vois tout en noir. Je ne voyais que par mon mari. Mon mari comptait plus que mes enfants. J’ai fait de tout dans ma vie, maintenant plus rien ne me dit."

Europe 1
Par Léa Beaudufe-Hamelin