Le Haut conseil pour le climat appelle la France à revoir son action : "Changer les fenêtres, ça ne suffit pas…"

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Le Haut conseil pour le climat, mis en place par Emmanuel Macron, estime que les mesures prises par la France pour réduire notamment ses émissions de gaz à effet de serre ne lui permettront pas de tenir l'objectif de neutralité carbone en 2050.

"Objectifs ambitieux" mais "actions insuffisantes", "dispositifs trop faibles"... le Haut conseil pour le climat (HCC), mis en place par Emmanuel Macron, invite la France à revoir sa politique de lutte contre le réchauffement. "Les actions engagées restent insuffisantes, alors que l'ensemble des politiques climatiques devrait dès maintenant être renforcé", note cette instance indépendante dans son premier rapport, publié mardi en plein cœur d'une canicule qui devrait se répéter avec le dérèglement en cours.

Ce diagnostic d'une cinquantaine de pages, intitulé "Agir en cohérence avec les ambitions", a été remis mardi soir au Premier ministre Edouard Philippe. Le gouvernement a six mois pour y répondre devant le Parlement. Le HCC, composé de onze experts reconnus, y salue la décision du pays d'inscrire dans la loi un objectif de neutralité carbone en 2050 (impliquant que la France n'émette pas plus de gaz à effet de serre que ses "puits" - sols, forêts... - ne peuvent en absorber). Mais "au rythme actuel, les engagements de la France ont peu de chance d'être tenus", explique sa présidente, la climatologue Corinne Le Quéré.

"Tant que l'action en réponse au changement climatique restera à la périphérie des politiques publiques, la France n'aura aucune chance d'atteindre la neutralité carbone en 2050. Pour cela il faut que les mesures pour réduire les émissions deviennent une priorité nationale, au cœur des décisions des acteurs publics et privés", souligne la scientifique, co-auteur de trois rapports du Giec.

Des objectifs de réduction non tenus

Sur ces quatre dernières années, la France n'a ainsi pas tenu ses objectifs de réduction d'émissions, et si 2018 a été meilleure, les conditions météo y ont largement contribué, note le rapport. En cause notamment, les transports (31% des émissions) : la demande croît, l'électrification est en retard... Mais aussi les bâtiments (19% du total), un sujet actuellement au cœur de vives discussions au Parlement sur le traitement à réserver aux "passoires énergétiques".

Pour le Haut conseil, il faut des réformes structurelles pour mettre le climat "au cœur de l'action publique". Ainsi, inscrire dans la loi les objectifs à court terme de réductions d'émissions, pour les graver et envoyer un signal à tous les acteurs.