Le grand rabbin de France appelle le gouvernement à trouver "d'autres méthodes de lutte contre l'antisémitisme"

, modifié à
  • A
  • A
Le Grand rabbin de France demande sur Europe 1 au gouvernement de trouver "d'autres méthodes de lutte contre l'antisémitisme" 2:11
Le Grand rabbin de France demande sur Europe 1 au gouvernement de trouver "d'autres méthodes de lutte contre l'antisémitisme" © KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Partagez sur :
Le président de la République est en Israël à partir de mercredi, pour assister aux commémorations du 75ème anniversaire de la libération des camps d'Auschwitz. Un déplacement qui revêt surtout "un enjeu mémoriel" pour le grand rabbin de France, qui estime tout de même sur Europe 1 que le gouvernement doit faire plus dans la lutte contre l’antisémitisme. 
INTERVIEW

Le grand rabbin de France, lance sur Europe 1 mercredi un appel au président de la République, actuellement en déplacement en Israël pour les commémorations du 75ème anniversaire de la libération des camps d’Auschwitz. Haïm Korsia réagit alors qu'un sondage Ifop montre le malaise d'une partie de la communauté juive de France. Un juif français sur trois dit se sentir menacé au quotidien dans l'Hexagone. 84% des 18-24 ans de confession juive affirment de leur coté avoir été victimes d'actes antisémites.

Cela pousse certains à quitter la France pour rejoindre Israël, où les récents événements ont porté préjudice à l'image de la France. "Il y aurait quelque chose de terrible d'entendre le cri de ceux qui ont disparu il y a 80 ans pendant la Seconde guerre mondiale et d'être sourd aux cris de souffrance des juifs contemporains", estime le grand rabbin de France.

"Il faut d'autres méthodes"

Selon lui, les efforts du gouvernement sont louables mais pas suffisants. "Manifestement, il faut trouver d'autres méthodes de lutte contre l'antisémitisme". Pour Haïm Korsia, ce n'est pas qu'une question de chiffres qui montent. "C'est comme si notre société acceptait une sorte d'étiage minimum", déclare le grand rabbin de France. "Il y a tant et tant de faits et de paroles, et c'est inadmissible." Pour autant, il n'attend pas de grandes déclarations du président de la République pour rassurer les Juifs de France. "Il va à Jérusalem d'abord parce que c'est le 75e anniversaire de la libération des camps et qu'il y a un enjeu mémoriel", précise Haïm Korsia. 

C'est d'ailleurs l'une des inquiétudes du grand rabbin de France. "Comment notre génération va recevoir le témoignage des survivants pour pouvoir le transmettre après ?", se demande Haïm Korsia, qui considère cette question comme un enjeu majeur. Le fait que le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, fasse le déplacement avec Emmanuel Macron en Israël est d'ailleurs un signe qu'il s'agit là "d'un enjeu éducatif" avant tout.

"Qu'il puisse dire des choses sur ce que la Shoah peut permettre de comprendre de la dérive terrifiante qui arrive dans notre société, quand il y a de l’indifférence, du racisme, de l'antisémitisme, cela me semble évident", précise Haïm Korsia. "Mais c'est avant tout un enjeu mémoriel", préfère préciser une nouvelle fois le grand rabbin de France. 

Europe 1
Par Cédric Chasseur