Plus de pouvoir, loin de Paris… Selon un sondage Ifop publié ce lundi, 71% des Français seraient "favorables à ce que la France devienne fédérale". Plus des deux tiers des interrogés estiment que les collectivités locales "n’ont pas assez de pouvoir par rapport à l’État" et souhaiteraient un redécoupage des grandes régions instaurées en 2015. En Alsace, c’est une question qui revient régulièrement sur la scène politique.
Des spécificités locales
Rachel, alsacienne d'adoption, a longtemps vécu à Paris, mais elle l'admet, le pouvoir en France est, dit-elle, trop centralisé. "Tout doit passer par Paris... C'est bien de se rappeler quand même qu'en France on a des spécificités locales, parce que les problèmes d'une région à l'autre ne sont pas du tout les mêmes", juge-t-elle.
D'ailleurs, Geneviève, comme 68% des Français interrogés pour ce sondage, est favorable à un redécoupage des régions. "Le Grand-Est, c'est une aberration ! Entre l'Alsace, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Champagne-Ardenne, je suis désolée, ça ne colle pas", s'agace-t-elle.
Et des économies à la clé
En Alsace, il existe la Collectivité Européenne d’Alsace (CEA), qui réunit depuis quatre ans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin. C’est unique en France. Son président, Frédéric Bierry, ne cesse de réclamer la sortie de l’Alsace du Grand Est.
"Il y a des réalités à la fois historiques, géographiques, culturelles donc il y a ce sentiment d’appartenance. Si on devenait aujourd’hui une collectivité unique, un département-région, on pourrait économiser entre 80 et 100 millions d’euros par an. Qu’est-ce qu’on attend pour écouter nos concitoyens ?", plaide-t-il. Selon de récents sondages, plus de huit Alsaciens sur dix se disent pour la sortie de l’Alsace du Grand-Est.