Le col de l'Echelle bloqué par l'extrême-droite : "C’est indéfendable, il faut que notre ministre réagisse"

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Pour symboliser la frontière avec l'Italie, une banderole "no way" a été déployée à flanc de montagne.
Pour symboliser la frontière avec l'Italie, une banderole "no way" a été déployée à flanc de montagne. © ROMAIN LAFABREGUE / AFP
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Des membres de Génération identitaire organisent une action coup de poing au col de l'Echelle, dans les Hautes-Alpes, lieu de passage de nombreux migrants en provenance d'Italie.

Dans les Hautes-Alpes, une centaine de militants d'extrême-droite continuent de bloquer le col de l'Echelle devenu, malgré la neige, un point de passage pour les migrants venus d'Italie depuis plusieurs mois. Le ministre de l'Intérieur a condamné des "gesticulations" de la mouvance identitaire, mais rien n'est fait pour l'instant pour les déloger, déplorent les associatifs.

"No way". En effet, le col de l’Echelle est habituellement le terrain d’action de l’association Tous migrants de Briançon, avec des cordées solidaires et des maraudes pour récupérer des groupes égarés dans la montagne. Forcément, les barrières en plastique installées par Génération identitaire pour symboliser la frontière, avec une banderole haineuse "No way", déployée à flanc de montagne, heurte Laetitia Cuvillier. Néanmoins, il n’est pas question pour elle d’aller à la confrontation avec les militants d’extrême droite.

"On veut rester dans une démarche pacifique et la protection des personnes les plus vulnérables, qui sont déjà là", explique-t-elle à Europe 1. "On est très attentif à toutes les atteintes qui pourraient être menées contre les personnes déjà en exil, qui sont des rescapés. On essaye de ne pas s'engouffrer dans ce que j’appelle un piège que l’on nous tend".

Une police des frontières. Alors que ceux qui viennent en aide aux migrants sont parfois poursuivis pour délit de solidarité, Laetitia Cuvillier espère que les autorités feront preuves de la même fermeté avec ces militants identitaires. "Ce sont des groupuscules activistes qui organisent leur propre milice et police des frontières, pour moi c’est indéfendable et il faut que notre ministre de l’Intérieur réagisse avec fermeté", déclare encore la responsable associative.

La préfecture des Hautes-Alpes, de son côté, s’est contentée d’un communiqué expliquant qu’elle suit avec attention cette opération qui, pour l’instant, s’est déroulée dans le calme.

Europe 1
Par Rémy Pierre