LA QUESTION SEXO - Pourquoi certaines personnes préfèrent-elles dormir seules ?

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Dans "Sans Rendez-vous" ce mardi, la sexologue et psychanalyste Catherine Blanc répond à Sophie, une auditrice qui ne laisse pas dormir son sex friend chez elle après avoir fait l'amour. Une situation qui n'a rien de dramatique pour la spécialiste à condition de ne pas considérer cet homme comme un produit. 

Le sexe est-il vraiment le summum de l'intimité entre deux personnes ? C'est à cette question que s'attaque en filigrane ce mardi dans "Sans Rendez-vous" Catherine Blanc, sexologue et psychanalyste en répondant à Sophie. Cette auditrice confie qu'elle ne laisse pas son sex friend dormir chez elle après avoir fait l'amour, et se demande si elle n'est pas un peu misanthrope. Mais pour la spécialiste, c'est que cette dernière place l'intimité du sommeil au-dessus de l'intimité sexuelle. Une situation qui n'a rien de dramatique, à condition de ne pas considérer cet homme comme un produit. 

La question de Sophie 

Je côtoie un garçon depuis quelques semaines et c'est exclusivement sexuel pour l'instant. À chaque fois que nous avons fait l'amour, je lui suggère de rentrer chez lui parce que je refuse de le laisser dormir chez moi. J'ai l'impression de passer pour une sauvage, mais je préfère dormir seule. Qu'en pensez-vous ? 

La réponse de Catherine Blanc 

Peut-être que pour Sophie, laisser dormir cet homme chez elle est une forme d'engagement. Chose qu'elle ne désire manifestement pas dans cette relation. Elle ne veut pas partager ce moment et cela pose donc naturellement la question de la confiance qu’elle a d’une façon générale dans l’homme qu’elle fait venir chez elle. Dès lors qu’il s’agit de sexualité, elle a le sentiment d’être en maîtrise, alors que lorsqu’il s’agit de s’endormir, ou d'être dérangé par la présence de l'autre pendant la nuit, les choses sont un peu plus complexes pour elle. 

Accepter que cet homme dorme dans son lit reviendrait alors à le laisser pénétrer son intérieur quotidien, une intimité qui est placée manifestement par Sophie au-dessus de celle de son intimité corporelle. 

Est-ce que c'est si grave finalement ? 

On pourrait se dire que Sophie et cet homme sont d'accord sur ce point. D'ailleurs, peut-être que lui-même ne veut pas rester à la câliner, à la regarder le matin au réveil, ou partager un petit-déjeuner avec elle. Il est même possible qu'il soit content de cette situation. De son côté, Sophie le renvoie peut-être aussi parce qu'elle n'aimerait pas subir un refus de rester.  

En tout cas, cette situation pose la question de la consommation : je trouve intéressant de se dire qu'on peut faire l'amour pour faire l'amour. Mais il faut veiller à ne pas être dans la consommation de l'autre. L'autre n'est pas un produit et on peut créer des liens, comme prendre le temps de se regarder, de se parler, de s'endormir dans les bras de l'autre... 

Mais Sophie se demande si elle est sauvage, elle se dit donc que ce n'est pas bien non ? 

On a le droit d'être sauvage, mais il faut se demander où l'on va. C'est vrai que ce n'est pas facile de partager son lit, ses mouvements nocturnes... il faut s'habituer. D'ailleurs, souvenez-vous la première fois que vous avez dû partager votre lit avec votre partenaire actuel(le), il a fallu un temps d'adaptation. Car l'idée a beau être romantique, dans les faits ce n'est pas nécessairement confortable. On ne dort jamais aussi bien que tout seul, mais une fois que l'on a pris les codes avec l'autre, c'est bon d'être dans la douceur avec un(e) partenaire. 

C'est donc plus intime de dormir ensemble que d'avoir des rapports sexuels ?

Je crois que pour certains, oui, dormir ensemble, dire leur amour ou leur tendresse est beaucoup plus intime que la sexualité. Nous sommes dans une époque où on a enlevé l'intimité à la sexualité, on en parle comme on peut évoquer des choses du quotidien. Et il y a des choses plus intimes, comme le sommeil, qui nous semblent difficile à partager. 

Europe 1
Par Catherine Blanc