"La 'France périphérique' est extraordinairement diverse", affirme Hervé Le Bras

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Hervé le Bras 7:48
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Au micro d'Europe 1, Hervé Le Bras, démographe et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, revient lundi sur plusieurs notions telles que "la France périphérique" ou "le sentiment de déclassement", rappelant que ces concepts globaux ne pouvaient pas s'appliquer sur l'ensemble du territoire français, fort de nombreuses disparités. 
INTERVIEW

>> Ce lundi soir, après Chanteloup-les-Vignes, Europe 1 a décidé de retourner à Mourenx pour comprendre les problématiques de cette France rurale où les "Gilets jaunes" n'ont rien changé. Hervé Le Bras, démographe et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, sera l'un des invités de cette émission spéciale. 

"Une partie de la France périphérique se porte parfois mieux que les grandes villes"

Invité de la matinale de Matthieu Belliard, Hervé Le Bras est revenu sur le concept de "France périphérique", développé notamment par le géographe Christophe Guilluy. "Grosso modo, cela désigne les territoires qui ne sont pas des métropoles, mais quand on regarde dans le détail, cette 'France périphérique' est extraordinairement diverse", explique-t-il. Pour le démographe, cette notion ne peut pas désigner seulement la campagne ou les territoires ruraux. "Il y a une sorte de dégradé", explique-t-il.

"On parle aussi de métropoles et de villes moyennes. Vous avez vraiment des régions où l'économie se porte bien, où les gens ont le moral, parfois mieux que les grandes villes, et puis des régions, qui sont un peu à l'abandon. Donc il faut être très attentif : le mot 'périphérique' masque une très grande diversité des régions françaises", affirme Hervé Le Bras, prenant l'exemple de la Somme et de la Vendée. 

"On a tendance à enjoliver le passé"

Interrogé par Matthieu Belliard sur la notion de "déclassement", le démographe reconnaît qu'il ne sait pas si le mot "est parfaitement exact". Pour justifier son propos, Hervé Le Bras prend l'exemple de l'accès à l'emploi des personnes diplômées. "En 1968, il y avait 6% de cadres et professions libérales et 6% des gens passaient par l'université. Aujourd'hui, on compte 16% de cadres, mais 36 % de gens passent par l'université", explique le démographe. "S'il y a déclassement, il est au point de départ : à la sortie des études. Cela engendre une très grande frustration parce qu'on est dans un pays méritocratique. Si on a réussi ses études, on doit avoir une place dans la société", affirme-t-il.

Mais Hervé Le Bras affirme toutefois qu'on "a tendance à enjoliver le passé". "Oui, il y a plein de choses qui se passent mal, par exemple à l’hôpital avec la situation des urgences, mais en même temps, quand on regarde l’espérance de vie, elle augmente légèrement". "Celle des femmes est l'une des plus élevées de l'Union européenne", souligne-t-il.  

Europe 1
Par Ariel Guez