Jour du dépassement : "Agir sur notre consommation, la seule vraie belle solution"

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À partir de ce lundi, l'humanité a déjà consommé toutes les ressources naturelles qu'offre la planète pour l'année 2019. Sur Europe 1, le président de SeaCleaners, une association dédiée à la préservation des océans, estime qu'il n'y a rien à attendre des gouvernements sur l'écologie.
INTERVIEW

Comment réveiller les consciences sur l’urgence de consommer, produire et exploiter la nature autrement ? D'abord en informant : en sept mois, l'humanité a consommé tout ce que la Terre peut produire en un an. Puis en donnant l'exemple : c'est là le combat quotidien du skipper Yvan Bourgnon, président de l'association SeaCleaners, qui œuvre pour la préservation des océans.

"Moi-même, je n'étais pas un parfait écologiste"

"Chaque citoyen peut avoir une action de colibri", insiste le navigateur franco-suisse au micro d'Europe 1. "On peut vraiment agir sur notre consommation, choisir d'évoluer et de changer. Moi-même, je n'étais pas un parfait écologiste il y a quelques années. J'ai su m'adapter, j'ai su changer", souligne-t-il.

Et il s'agit selon lui de "la seule vraie belle solution" aujourd'hui. "Malheureusement", souffle-t-il. Car Yvan Bourgnon n'est pas de ceux qui s'attendent à un changement politique imminent. "Notre écologie est gérée au sein d'un gouvernement qui, forcément, dépend de l'économie. C'est complètement aberrant", dénonce ce combattant des déchets maritimes. "Tant qu'on n'aura pas une institution très claire qui gérera l'écologie indépendamment du gouvernement, on n'arrivera pas à faire quelque chose de concret".

Plus que les hommes, ce sont surtout les institutions et leur fonctionnement qu'il pointe du doigt : "Le problème, c'est qu'avec notre système politique actuel, on n'est pas capable de prendre des décisions à dix, vingt ou quarante ans, parce que c'est ce qu'il faudrait faire", tonne encore le skipper, qui vient d'accoster au Maroc après avoir battu avec son fils le record de distance parcourue en 24 heures à bord d’un catamaran de sport.

Dans les pays émergents, "c'est pire que tout"

Le navigateur n'est pas ici en vacances. Ce qu'il y voit ne l'aide d'ailleurs pas à se détendre : "C'est pire que tout. On se rend compte que dans ces pays émergents, qui ont de plus en plus accès au plastique, par exemple, la consommation explose littéralement et ça va être encore pire dans plein d'autres pays d'Afrique dans les dix, quinze prochaines années", redoute-t-il.

En attendant, il continue de développer son projet Manta, ces grands bateaux hauturiers capables de ramasser les déchets plastiques à la surface des océans. Avec 300 d'entre eux, "on peut espérer éradiquer 30% de la pollution qui arrive chaque année dans les océans", affirme-t-il. Un chiffre très encourageant, pour un simple colibri.

Europe 1
Par Thibauld Mathieu