Jocelyne ne veut pas que sa longue relation amicale se détériore : "Je veux nous protéger"

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Depuis quelque temps, la relation que Jocelyne entretient avec un ami de longue date s’envenime parfois à cause de chicaneries. Jocelyne évoque, au micro de "La Libre antenne", sur Europe 1, cette vieille relation amicale qu’elle ne veut pas voir se détériorer.
TÉMOIGNAGE

Jocelyne entretient une relation amicale avec un homme depuis plus de 30 ans. Son ami a aujourd’hui 90 ans et son comportement a changé. Il demande souvent conseil à Jocelyne, mais ne l’écoute pas. Cette situation envenime leur relation qui devient parfois conflictuelle. Jocelyne raconte au micro de "La libre antenne", sur Europe 1, cette amitié, et demande conseil à Olivier Delacroix, parce qu’elle ne veut pas que sa relation avec cet ami de longue date ne se détériore.

"Notre histoire est très belle. On se connaît depuis plus de 30 ans, on a travaillé ensemble pendant 20 ans. On s’est toujours très bien entendu. C’est un homme qui a mené des belles affaires et qui a très bien réussi professionnellement. Il était autodictate. Il s’est fait une très belle clientèle. J’étais secrétaire commerciale, je l’épaulais. On s’entend toujours bien. C’est un ami de cœur, quelqu’un de très généreux. On a voyagé ensemble. Il est très cultivé, et continue de se cultiver.

" Je ne voudrais pas abîmer cette belle entente "

Il conduit très bien, mais je lui dis souvent : ‘N’oublie pas ton âge, si jamais tu heurtais le moindre piéton, je ne sais pas si on te laisserait ton permis de conduire’. Il faisait 60 à 80.000 kilomètres par an quand il travaillait. Il aime conduire. Il aime être maître de tout. Depuis quelques temps, je me rends compte qu’il me demande des conseils en voiture mais fait autrement, comme s’il ne voulait pas que je le domine. Il me demande conseil, je lui dis comment faire, mais c’est tout juste s’il m’écoute.

Il n’a pas toujours été comme ça. Il change. Il me demande comment faire mais ne cautionne jamais du premier coup ma réponse. Je suis presque obligée de me fâcher. Je trouve cela fatigant de devoir toujours répéter et me justifier. Cela nous mène sur un terrain conflictuel que je trouve très dommageable. Je ne voudrais pas abîmer cette belle entente et tout ce que l’on a fait ensemble. Je pense que c’est aussi dû à l’âge. Peut-être perd-il un peu ses moyens.

Physiquement, on ne lui donne pas son âge, il ne fait pas 90 ans. C’est quelqu’un de très pétillant. Il est debout à 6 heures du matin et fait de la gymnastique. Il est toujours impeccable, s’habille très bien. Il est très en forme, toujours prêt à faire quelque chose. Je lui dis souvent qu’il va trop vite et il me répond que ce qui est fait est fait. Il a toujours travaillé comme ça, il vit comme ça. Il a toujours été le chef. Avant, il n’avait pas à me demander conseil comme il le fait maintenant. Il était décideur. Alors que maintenant, il a des hésitations.

Il ne perd pas la tête, loin de là, mais je trouve qu’il est plus hésitant quand il veut faire quelque chose. C’est la raison pour laquelle il me demande conseil, mais malgré tout, il faut que je me justifie. Je me comporte avec lui, comme s’il était mon père. Je prends tout à cœur. Je suis très bondissante quand il n’est pas d’accord avec moi. Souvent, je prends la balle au bond, un peu vivement, ce qui envenime nos conversations. Je trouve cela très fâcheux. Il faut que je prenne sur moi.

" J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour lui "

Je veux rester en bons termes avec lui. Je l’aime beaucoup et il m’aime beaucoup. Il est généreux avec moi. Je ne voudrais pas perdre cette grande amitié. On a l’air d’un couple tous les deux. Il aime ma compagnie et j’aime la sienne. On a des échanges très intéressants. Je vais prendre sur moi, je vais être moins bondissante. Je ne voudrais pas que la bienveillance et les sentiments que j’ai pour lui ne s’abîment. C’est moi qui ferai les efforts.

J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour lui. C’est un personnage. À 88 ans, il était encore à fond dans les affaires. Je lui ai dit qu’il devait absolument revendre son portefeuille de son vivant, sinon cela mettrait les gens dans l’embarras. Il m’a écoutée et m’a dit que les choses s’étaient faites facilement grâce à moi et mes conseils. Je compte pour lui, j’en suis consciente. Je veux nous protéger."

Europe 1
Par Léa Beaudufe-Hamelin