Intempéries dans le Sud-Est : deux mois après, le village de Tende vit un véritable exode

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Le village de Tende a été ravagé par l'épisode méditerranéen formé dans le sillage de la tempête Alex. © CHRISTOPHE SIMON / AFP
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Deux mois après avoir été ravagé par l'épisode méditerranéen formé dans le sillage de la tempête Alex, le village de Tende voit ses habitants quitter la région. Un véritable exode, que l'arrivée de la neige risque encore d'intensifier : les habitants encore présents dans le nord de la vallée de la Roya craignent tous d'être à nouveau coupés du monde.
REPORTAGE

Des maisons englouties, des ponts effondrés sous la violence des flots, des villages méconnaissables, des vies brisées... Il y a tout juste deux mois, l'épisode méditerranéen formé dans le sillage de la tempête Alex ravageait plusieurs vallées des Alpes-Maritimes, notamment la Vésubie - dans l’arrière-pays niçois - et la Roya, frontalière avec l’Italie. Neuf personnes ont trouvé la mort dans ces intempéries et neuf autres sont portées disparues. Encore sous le choc, certains habitants de ces zones dévastées ont décidé de faire leurs bagages. C'est notamment le cas à Tende, un village de la vallée de la Roya durement touché, où on estime que 20% de la population est déjà partie ou sur le départ. Un véritable exode. 

"On voit beaucoup de camions de déménagement"

"On voit beaucoup de camions de déménagement", confirme un habitant rencontré par Europe 1. Alors que le haut de la vallée de la Roya comptait environ 3.000 habitants avant l'épisode méditerranéen d'octobre dernier, des centaines d'habitants sont déjà partis. "J'ai évacué 60 maisons", indique de son côté Jean-Pierre Vassallo, le maire de Tende. "Quand je suis allé les voir pour leur dire qu'ils devaient partir, c'était terrible. Et l'attente commence à être longue pour eux, ils ne savent toujours pas quelle sera la décision finale concernant leur habitation."

L'arrivée de la neige va aggraver le phénomène

Car la modification de l'arrêté paru au Journal officiel, pour qu'un état de catastrophe naturelle concerne également les glissements de terrain, se fait attendre. Les sinistrés ne peuvent donc pas engager les démarches pour être indemnisés. Alors certains ne voient qu'une seule solution : mettre la clé sous la porte. C'est ce que s'apprête à faire une commerçante de Tende, épuisée par ces deux longs mois. "Ce ne sont pas 400 personnes qui sont parties, mais beaucoup plus." Un phénomène qui risque de s'aggraver encore avec l'arrivée de la neige, qui a déjà commencé à tomber.

Ici, tout le monde craint un hiver rude et de se retrouver une fois de plus coupé du monde. La ligne SNCF est d'ailleurs à l'arrêt depuis vendredi et la piste créée provisoirement pour rompre l'isolement de ce village risque d'être impraticable avec le mauvais temps. 

Europe 1
Par Frédéric Michel (depuis Tende), édité par Ugo Pascolo