Incendie de Rouen : "Le samedi après l'incendie, nos ruches ont eu un comportement agressif", témoigne un apiculteur

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Invité sur Europe 1, Donatien Sénécal, apiculteur à Rouen, a évoqué les conséquences de l'incendie sur ses ruches, alors que trois ministres sont en visite dans la ville ce vendredi.
INTERVIEW

Donatien Sénécal a connu une baisse de ses ventes de 30 à 40% sur certains marchés, depuis l'incendie de l'usine Lubrizol, à Rouen, le 26 septembre. Apiculteur à Saint-Victor-l'Abbaye, Donatien Sénécal a également des ruches à Rouen. Il a évoqué les conséquences de l'incendie sur son travail au micro d'Europe 1, ce vendredi matin, alors que trois ministres sont attendus sur place. Élisabeth Borne, Agnès Buzyn et Didier Guillaume doivent, en effet, installer ce vendredi un comité pour la transparence et le dialogue. 

"Nous attendons de cette visite les résultats des analyses, pour rassurer toute la filière agricole et pour que les collègues puissent revendre tous leurs produits, a indiqué Donatien Sénécal. Une première partie des résultats devrait tomber aujourd'hui normalement". Il a notamment rappelé que les apiculteurs n'avaient pas vu leur production impactée malgré l'arrêté préfectoral pris sur la restriction de mise sur le marché de certaines productions comme le lait

"Je n'ai pas constaté de surmortalité des abeilles"

L'apiculteur possède quelques ruches situées sur Rouen. La moitié de son cheptel est placé sous les communes qui ont subi le passage des nuages de fumée. Il a détaillé l'impact de cet incendie sur le comportement de ses abeilles : "Je n'ai pas constaté de surmortalité des abeilles, aucune ruche n'a été impactée directement. Mais durant une petite période, le samedi après l'incendie, les ruches ont eu un comportement agressif. Quelques colonies ont tué leurs reines". Si les abeilles se sont rebellées contre leur reine, c'est parce qu'elles ont dû faire face à "une modification de leur habitat", a complété Donatien Sénécal. "Les abeilles marchent beaucoup avec les phéromones, peut-être qu'il y a eu un impact sur l'odeur des ruches qui a pu modifier leur comportement". 

L'apiculteur s'inquiète surtout d'une éventuelle contamination du "pollen que les abeilles ont pu rentrer après l'incendie". Il attend les résultats des analyses pour dissiper ses doutes. 80% des réserves ont toutefois été faites en juillet et en août, les dernières récoltes servant seulement à compléter les réserves. Pour le moment, il est trop tôt pour chiffrer la totalité des pertes même si Donatien Sénécal vend moins sur certains marchés. "Normalement nous serons indemnisés. Tout un circuit a été mis en place assez rapidement pour répondre aux inquiétudes", a-t-il conclu.