Ile-de-France : des chambres d'hôtels réquisitionnées pour les étudiants précaires

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étudiant logement 1:23
Certains étudiants, fragilisés par la crise sanitaire, se retrouvent en situation de mal-logement. Photo d'illustration. © ASCAL PAVANI / AFP
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La région Ile-de-France a réquisitionné des dizaines de chambres dans deux hôtels du groupe Accor afin d'héberger en urgence les étudiants en situation de précarité et de mal-logement. A terme, le dispositif portera sur quatre hôtels pour une centaine de chambres. Europe 1 s'est rendue à Saint-Ouen, dans l'un des établissements concernés. 
REPORTAGE

Des étudiants logés à l'hôtel. Voici la solution d'urgence trouvée par la région Ile-de-France pour les jeunes en situation fragile, dont les conditions de vie se sont précarisées avec la crise sanitaire du Covid-19. Deux hôtels du groupe Accor, à Saint-Ouen et au niveau de la porte de Châtillon, ont mis à disposition une dizaine de chambres depuis la semaine dernière afin d'héberger gratuitement des étudiants dans le besoin. A terme, la réquisition doit porter sur quatre hôtels pour une centaine de chambres. Coût pour la région : 900.000 euros. 

"Il y a un lit, j'ai une table", décrit une étudiante au micro d'Europe 1. La chambre est sommaire : une fenêtre, de la peinture rose et blanche, quelques affiches au mur… Qu'importe la douche et les toilettes sur le pallier, ou encore la vue sur le périphérique parisien : cette pièce de dix mètres carrés est un refuge. ""L'endroit où j'étais, c'était un studio que je partageais", confie-t-elle. "Je dormais sur le canapé. Il y avait beaucoup de bruit, je ne pouvais pas me concentrer. C'était un peu difficile pour moi."

Des situations de mal-logement qui freinent la poursuite des études

Sur les cinquante chambres mises à dispositions dans l'établissement de Saint-Ouen, seize sont actuellement occupées par des étudiants. Ces derniers, invités à se signaler auprès des établissements scolaires ou du Crous, sont suivis par des bénévoles de la Croix-Rouge.

"On a des jeunes qui n'étaient pas forcément à la rue mais qui étaient sur un mal-logement", explique Virginie Tremelay, du pôle exclusion de la Croix-Rouge. "Beaucoup nous ont dit qu'ils étaient chez des amis. Sauf que c'était souvent un petit studio et qu'avec la crise sanitaire, ils sont les uns sur les autres et ne se supportent plus. Ils ne peuvent pas cuisinier, suivre le cours." Sans espace, les risques de décrochage scolaire sont accrus.

Grâce à ce dispositif, les étudiants pris en charge ont l'assurance d'avoir un toit au moins jusqu'à la fin du mois de juin.

Europe 1
Par Nicolas Feldmann, édité par Mathilde Durand