Il traverse les déserts à vélo pour alerter contre le réchauffement climatique et montrer "le monde de demain"

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Interrogé par Matthieu Belliard, sur Europe 1, cet ancien cycliste professionnel est sur le point de traverser à vélo six déserts différents, en six mois seulement, pour dénoncer les effets du réchauffement climatique.
INTERVIEW

Le "projet 666" n'est pas seulement un film d'épouvante mais aussi un défi que s'est lancé l'aventurier Stéven Le Hyaric, ancien cycliste professionnel. Son objectif : parcourir à vélo six déserts, de sable ou de glace, sur six continents en six mois pour alerter sur les dangers de la désertification. Parti de la place du Trocadéro à Paris le 15 mars, il est arrivé mercredi à Dakar, au Sénégal, soit un trajet de 5.600 kilomètres... en deux roues et à la force des jambes.

"Aujourd'hui, il faut bien ça pour montrer que l'on peut encore réagir. Je me suis exposé pendant 20 jours à une chaleur qui était grandissante. Je suis monté à un peu plus de 45 degrés en Mauritanie, dans une solitude totale. Je n'étais pas loin de l'Enfer", rapporte-t-il à Matthieu Belliard, dans Le Grand journal du soir sur Europe 1, alors qu'il vient d'achever sa traversée du Sahara.

"J'ai mangé ce que je trouvais […] j'ai eu des passages où je n'avais pas d'eau pendant 200 km avec seulement deux litres d'eau sur mon vélo. Il faut se rationner, gérer, ne pas boire beaucoup", explique ce sportif. La démarche de Stéven Le Hyaric vise à "montrer le monde de demain, à montrer la désertification, à montrer un homme dans des univers impitoyables".

>> De 17h à 20h, c’est le grand journal du soir avec Matthieu Belliard sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Seul face à la nature

Toutefois, le premier trajet du cycliste, de Paris à Dakar, n'était qu'une mise en bouche. Le "projet 666" commencera véritablement avec la traversée du désert d'Atacama au Chili, puis viendront le désert de Gobi et les étendues gelées de l'Arctique et de l'Antarctique. L'idée est de "poser des roues sur des univers qui ne sont pas fait pour un vélo, et absolument pas fait pour un humain", poursuit le cycliste. "Il y aura encore un désert, qui est l'un des plus hostiles du monde en termes animaliers : le désert de Gibson en Australie. Il y a un serpent tous les dix mètres carrés là-bas", précise Stéven Le Hyaric. "Ensuite, je reviendrai en Afrique pour une traversée du désert de Kalahari à celui du Namib."

La traversée des déserts glacés, au pôle sud et au pôle nord, doit notamment lui permettre de pointer la fonte des glaces, conséquence du réchauffement climatique. "Si je ne peux pas rouler, ça montrera qu'il fait trop chaud. […] S'il y a une vraie fonte des glaces, je devrais porter mon vélo ou le pousser avec des skis. […] La nature décidera."

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L'initiative du cycliste a été saluée par nombre d'habitants des régions traversées. ©Erisphere

Alors que le plus dur reste à faire, Stéven Le Hyaric ne cache pas son émotion devant l'engouement déjà suscité par son initiative dans les premières régions parcourues. "Je suis un peu bouleversé. Hier soir, j'ai eu une fête un peu dingue de la part de population locale [à Dakar, ndlr]. Je ne m'attendais pas à ça", raconte-t-il. "Je m'attendais à un comité d'accueil, mais pas une centaine de personnes qui défilent autour de moi de la sorte après 20 jours de solitude". De quoi laisser espérer une belle mobilisation autour de ce défi fou.

Europe 1
Par Romain David