À Vaulx-en-Velin, le drapeau palestinien hissé par le nouveau maire LFI Abdelkader Lahmar flotte toujours devant l’hôtel de ville malgré une décision du tribunal administratif ordonnant son retrait. Une affaire qui divise les habitants et oppose l’élu au préfet du Rhône.
Une polémique autour du drapeau palestinien à Vaulx-en-Velin, en banlieue lyonnaise. Le nouveau maire insoumis, Abdelkader Lahmar, a fait hisser, il y a quelques jours, au fronton de sa mairie un drapeau palestinien. Le préfet du Rhône lui a d'abord demandé de le retirer, ce que l’élu a refusé. Le préfet s'est donc tourné vers la justice et a obtenu gain de cause. Mais ce jeudi midi, malgré la décision de la justice, le drapeau palestinien flottait toujours devant l'hôtel de ville.
"De la provocation"
L’étendard vert, noir, blanc et rouge de la Palestine est toujours là, à côté des drapeaux français et européen. Le nouveau maire LFI de la ville en a fait un symbole du soutien qu'il veut apporter au peuple palestinien, opprimé par Israël, selon lui. Mais justement, ce soutien, il n'est pas possible de l'afficher sur un bâtiment public. Une mairie doit rester neutre, a estimé, mercredi, le tribunal administratif de Lyon, qui lui a donc demandé de l'enlever, comme l'avait fait le préfet avant lui.
Mais visiblement, ce n'est pas l'intention d'Abdelkader Lahmar, qui, pour l'instant, n'a pas répondu à nos demandes d'interview. En tout cas, Samir, 34 ans, est d'accord avec lui. "Bien sûr, il faut le laisser. Il ne dérange personne, ce drapeau, il ne dérange que les racistes, les islamophobes et les gens avec de la haine. On est pour la paix, justement, ce drapeau représente la paix. Ils se font massacrer et ce n’est pas normal", dénonce-t-il. Pour ce trentenaire, "aller devant un tribunal pour faire ça, c'est carrément de la provocation".
"C'est la justice qui commande"
Mais ce n'est pas le cas de tous les habitants de Vaulx-en-Velin. Nadine, par exemple, est clairement contre ce drapeau. "Je ne vois pas ce qu'il fait là, parce qu'on est en France. Et qu'est-ce que la Palestine fait pour nous ? C'est son choix à lui, ce n'est pas celui de tous les habitants. Moi, ce n'est pas mon choix non plus. Si c'est la justice qui le dit, il doit obéir. C'est la justice qui commande", insiste-t-elle.
Il faudra suivre, dans les jours qui viennent, si le maire obéit enfin à la justice. Dans le cas contraire, il devra s'acquitter d'une amende de 100 euros par jour de retard.