"Un amoureux d'une France sans chaînes" : Macron salue la mémoire de Daniel Cordier

, modifié à
  • A
  • A
hommage daniel cordier 1:49
Une trentaine de personnes ont assisté à cet hommage national. © LUDOVIC MARIN / AFP
Partagez sur :
Dans la cour de l'hôtel des Invalides, Emmanuel Macron a rendu jeudi un hommage tout en sobriété à Daniel Cordier, avant-dernier Compagnon de la Libération décédé vendredi 20 novembre. Le chef de l'État a notamment retracé la vie d'un homme qui "a toujours agi par amour".
REPORTAGE

"Cette flamme que vous avez allumé avec vos Compagnons ne s'éteindra pas et elle continuera à en inspirer bien d'autres." Emmanuel Macron a salué jeudi la mémoire de l'ancien résistant Daniel Cordier, "un Français libre, amoureux d'une France sans chaînes", à l'occasion d'un hommage national six jours après son décès à l'âge de 100 ans. Dans la cour de l'hôtel des Invalides, le chef de l'Etat a présidé la cérémonie militaire en présence de seulement une trentaine d'invités en raison de la crise du Covid-19.

Secrétaire de Jean Moulin

Un hommage tout en sobriété, où le silence était uniquement brisé par le claquement des talons des six élèves de l’école de Saint-Cyr qui ont porté le cercueil de l'ancien secrétaire de Jean Moulin pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans un discours de 15 minutes, Emmanuel Macron a retracé la vie de Daniel Cordier, ce garçon qui, âgé de 20 ans en 1940, avait rejoint le général De Gaulle à Londres, avant d'être parachuté deux ans plus tard à Lyon avec une mission : aider Jean Moulin à unifier la résistance. Une mission qui prendra fin avec l'arrestation de ce dernier, en 1943.

"Une bravoure impétueuse, une soif d'absolu"

Un homme qui "a toujours agi par amour", a rappelé le chef de l'État : "l'amour de la patrie où se mêle le passé, la terre et le goût de l'universel ; l'amour de la liberté qui justifie de prendre tous les risques ; l'amour du beau qui le conduisit à révéler tant d'artistes ; l'amour de la vérité qui lui fit écrire l'Histoire". "La vie de Daniel Cordier est un roman d'aventures", a-t-il résumé. "Il avait en lui une part du roman national (...) Le goût de l'action et du dépassement. Une bravoure impétueuse, une soif d'absolu".

À la fin de cette allocution, le président de la République s'est adressé directement à celui qui est depuis vendredi le dernier des 1.038 Compagnons de la Libération : Hubert Germain. "Mon lieutenant, je compte sur vous et vous le savez, vous ne serez jamais seul", a déclaré Emmanuel Macron au centenaire en fauteuil roulant, béret vert de la Légion étrangère sur la tête.

Inhumation au Père Lachaise

Parmi les invités à la cérémonie figuraient l'ex-président François Hollande, les présidents du Sénat Gérard Larcher et de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, le Premier ministre Jean Castex, les ministres des Armées Florence Parly et de la Culture Roselyne Bachelot, la secrétaire d'Etat Geneviève Darrieussecq et le chef d'Etat major des Armées, le général François Lecointre. Une dizaine de membres de la famille et de proches de Daniel Cordier, dont le chanteur Hervé Vilard, qui fut sous sa tutelle, étaient également présents.

Le corps de Daniel Cordier doit être inhumé vendredi au cimetière parisien du Père Lachaise, là où il a choisi de reposer. Quant à Hubert Germain, son corps reposera au Mont Valérien, dans les Hauts-de-Seine. Là-bas, un caveau y attend le dernier des Compagnons de la Libération.

Europe 1
Par Laure Dautriche, édité par Ugo Pascolo avec AFP