"Jusqu'à 80 ou 100 heures" hebdomadaires : les internes en médecine en grève à partir de mardi

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Les internes sont devenus indispensables dans les services d'hôpitaux. (image d'illustration)
Les internes sont devenus indispensables dans les services d'hôpitaux. (image d'illustration) © AFP
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Léonard Corti, interne et secrétaire général de l'InterSyndicale Nationale des Internes (ISNI), évoque sur Europe 1 la grève qui doit commencer mardi. Parmi les revendications des praticiens en formation : un réel décompte des horaires travaillés et une meilleure mise en place de leur formation.
INTERVIEW

Les internes en médecine entrent dans la danse de la contestation sociale, avec un mouvement de grève illimitée à partir de mardi. "Nous comptons bien la faire durer, tant que nos demandes concernant l'hôpital public, ainsi que la formation et la rémunération des internes ne seront pas entendues", prévient Léonard Corti, dimanche sur Europe 1.

Pendant la grève, les internes qui auront envoyé un préavis ne devraient donc plus être assignés à leur service, avec un impact potentiel sur le bon déroulement des soins. Car pour le sécrétaire général de l'ISNI, "les internes sont indispensables dans certains services comme les urgences. Or ce sont des praticiens en formation et donc à ce titre, ils ne doivent pas être les chevilles ouvrières des services".

Le mouvement demande des "investissements massifs" dans l'hôpital public et rejoint ainsi les collectifs Inter Urgences et Inter Hôpitaux, qui prévoient de manifester le 17 décembre, à Paris et en région. 

Formation et rémunération des internes

Léonard Corti insiste sur la nécessité d'une plus juste rémunération des 27.000 internes français, payés 7 euros de l'heure pour des semaines de 48 heures hebdomadaires. Mais l'ISNI prévoit de publier "les résultats d'une enquête annuelle qui montrent que ce volume avoisinerait plutôt les 55 à 56 heures, avec certains internes qui vont jusqu'à 80 ou 100 heures par semaine. Pour la même rémunération de 1.500 euros."

Un réel décompte des horaires travaillés, le paiement des heures supplémentaires et la mise en place de meilleurs processus de formation, "dont dépendent la qualité de l'hôpital public", font partie des revendications. Des demandes que l'ISNI aimerait aujourd'hui transmettre au ministère de la Santé lors d'une rencontre.

Europe 1
Par Théo Mercadier