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Ève Roger, édité par Antoine Terrel avec AFP , modifié à
Le Premier ministre Édouard Philippe doit dévoiler lundi, lors de la clôture du "Grenelle des violences conjugales", une quarantaine de mesures pour lutter contre le fléau des féminicides.
ON DÉCRYPTE

Après un week-end marqué par la forte mobilisation de samedi contre les violences sexuelles et sexistes, le gouvernement est attendu au tournant. Alors que l'exécutif clôture le "Grenelle contre les violences conjugales", lancé début septembre, le Premier ministre Édouard Philippe doit annoncer ou confirmer lundi une quarantaine de mesures, dont quelques-unes déjà dévoilées. Depuis deux mois, en effet, le gouvernement a opté pour la stratégie des annonces au compte-gouttes.

Dès le jour de l'ouverture du Grenelle, le 3 septembre, Édouard Philippe avait annoncé dix mesures d'urgence, dont 1.000 places d'hébergement à destination des victimes de violences conjugales, un meilleur accueil dans les commissariats et gendarmeries ou encore la suspension de l'autorité parentale en cas de féminicide.

Vers une levée du secret médical

Le 15 octobre, l'Assemblée a ensuite voté une proposition de loi pour empêcher les hommes violents d'approcher leur ex-compagne, grâce à la généralisation de "bracelets anti-rapprochement". Puis, fin octobre, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa avait elle aussi présenté de nouvelles pistes, parmi lesquelles la création d'une circonstance aggravante en cas de suicide forcé, c'est à dire quand un homme pousse une femme à se suicider. 

Le 17 novembre, dans les colonnes du Journal du dimanche, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait de son côté fait part de son souhait d'une levée du secret médical pour les médecins qui pourraient faire un signalement, y compris contre l'avis de leur patiente.

Les associations espèrent de nouvelles place d'hébergement

Vendredi dernier, Christophe Castaner et Marlène Schiappa ont présenté vendredi une nouvelle grille de 23 questions destinée aux forces de l'ordre, afin qu'elles évaluent mieux les signaux d'alerte des victimes de violences conjugales lorsqu'elles viennent au commissariat ou en gendarmerie.

Enfin, dimanche, invitée du Grand Rendez-vous Europe 1/Les Echos/Cnews, la ministre du Travail Muriel Pénicaud s'est dite favorable à ce que les victimes de violences conjugales puissent débloquer leur épargne salariale "en urgence", pour être financièrement plus autonomes lorsqu'elles veulent "claquer la porte et se sauver". Et à la veille de la clôture du Grenelle, dans une interview au Figaro, Marlène Schiappa a annoncé que le gouvernement allait lancer un appel à candidatures et co-financer à 50% la création, d'ici la fin du quinquennat, de deux centres de prise en charge des hommes agresseurs dans chaque région. 

La parole revient maintenant à Édouard Philippe, qui devrait dévoiler l'ensemble du dispositif lundi, avec de nouvelles mesures pour un meilleur suivi des auteurs de violences. Du côté des associations, on espère encore et toujours de nouvelles places d'hébergement spécialisé. Mais il n'est pas sûr qu'elles soient entendues. En 2018, 217 femmes se seraient donné la mort en raison de violences conjugales.