Grande-Synthe : le combat d'un boulanger pour son apprenti, menacé d'expulsion

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Salem se mobilise pour permettre la régularisation de son apprenti Maya à Grande-Synthe (Illustration). © MEHDI FEDOUACH / AFP
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Maya, 19 ans et originaire de Guinée, travaille comme apprenti depuis trois ans avec Salem, un boulanger de Grande-Synthe, dans le Nord de la France. Le jeune homme est menacé d'expulsion, au grand désespoir de son patron, qui milite pour obtenir sa régularisation et a déjà reçu de nombreux soutiens.
REPORTAGE

Après la mobilisation d'un boulanger de Besançon en début d'année, qui avait entamé une grève de la faim pour protester contre l'expulsion de son apprenti originaire de Guinée, c'est au tour d'un autre boulanger de remuer ciel et terre pour l'un de ses collègues menacé d'expulsion, en l'occurrence Maya, 19 ans, qui travaille avec lui à Grande-Synthe, dans le Nord. Un rassemblement de soutien s'est même tenu mercredi en fin de journée pour protester contre l'expulsion du jeune apprenti guinéen.

Parmi les soutiens du jeune homme, Aïsha, une cliente habituelle de la boulangerie, bouleversée par l'histoire de cet orphelin qui a traversé la Méditerranée il y a quatre ans avant d'être placé en foyer dans le Nord de la France. "Je pense à tous ces gens qui sont arrivés de l'étranger dans un canot de sauvetage du mieux qu'ils ont pu et je me dis qu'il y a de nombreuses personnes qui ont leur place ici. Il n'y a pas de raison, la Terre est à nous tous. Et il mérite vraiment qu'on lui donne une chance", explique-t-elle.

"On a besoin de jeunes comme ça"

Cette chance, ce serait tout simplement une régularisation pour l'apprenti, qui depuis trois ans fait le bonheur de son patron, Salem Khalfat. "Il ne pense qu'à travailler, à réussir, à toujours faire mieux. Il a tellement envie de faire des choses de sa vie, qu'à mon avis il réussira. Un garçon comme ça, on ne peut pas le jeter, le renvoyer. On ne peut pas le perdre en France parce qu'on a besoin de jeunes comme ça", plaide le boulanger.

Le jeune Maya espère donc un geste des autorités, lui qui ne voit pas son avenir ailleurs. "Je me suis déjà intégré, j'ai été à l'école, puis à mon travail. J'ai une copine, on s'aime bien et on regarde vers l'avenir. Et puis j'aimerais bien ouvrir ma boulangerie plus tard, devenir patron, c'est aussi mon objectif", appelle l'apprenti. 

Les soutiens se multiplient pour le boulanger de Grande-Synthe et Maya. Une pétition lancée pour la régularisation du jeune homme a déjà rassemblé plus de 20.000 signatures.

Europe 1
Par Lionel Gougelot, à Grande-Synthe, édité par Manon Fossat