Formation, encadrement : les propositions de Gérald Darmanin pour réformer la police

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Formation, encadrement : les pistes de Darmanin pour réformer la police
Formation, encadrement : les pistes de Darmanin pour réformer la police © LUDOVIC MARIN / POOL / AFP
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Le ministre de l'Intérieur a révélé lundi soir ses propositions pour réformer la police, dans un contexte de tensions autour de la multiplication des violences policières. Gérald Darmanin a pointé "sept péchés capitaux" dont la formation, initiale et continue et le manque d'encadrement dans certains territoires. 
DÉCRYPTAGE

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a présenté lundi soir devant la commission des lois de l'Assemblée générale ses propositions de réforme de la police, dans un climat de tensions à la suite de la multiplication de cas récents de violences policières. C'était une demande du président de la République Emmanuel Macron, vendredi, qui souhaitait des suggestions rapide pour "réaffirmer le lien de confiance qui doit naturellement exister entre les Français et ceux qui les protègent".  Le ministre a ainsi listé "sept péchés capitaux" parmi lesquels le manque de moyens, l'IGPN ou encore la formation et l'encadrement.  

Une formation allongée ?

La formation, dans un premier temps, qui vient juste de changer. En effet, depuis juin dernier, les gardiens de la paix ont deux ans de formation initiale : une première période de 8 mois, essentiellement en école de police, puis ils sont affectés sur le terrain où leur formation se poursuit pendant 16 mois.

Auparavant, il existait une formation raccourcie. Après les attentats de 2015, pour avoir plus de policiers plus vite, le ministère avait réduit et condensé les formations en 6 à 10 mois au lieu d'un an, rappelait le projet de loi de finances pour 2020. "C'était une erreur", a indiqué lundi soir Gérald Darmanin. Et puis, il y a la formation continue. Elle représente une douzaine d'heures par an, mais seuls 20% des policiers les effectuent, d'après le ministre.

L'encadrement trop insuffisant

Le ministre de l'Intérieur a également pointé un problème d'encadrement. Les chefs sont trop peu nombreux, mais le problème réside surtout dans la répartition des policiers expérimentés. En région, il y en a beaucoup tandis qu'à Paris et sa banlieue, l'encadrement est très insuffisant. Depuis dix ans, le nombre d'officiers a chuté de 40% à la Préfecture de police, selon le rapport 2019 de la Cour des comptes.. Et ce sont des jeunes sortis d'école qui viennent compenser ces départs.

Mais ils manquent d'encadrement. L'exemple marquant, c'est l'affaire Chouviat, ce livreur mort asphyxié lors d'un contrôle au début de l'année, près de la Tour Eiffel. Sur les trois policiers mis en examen, deux étaient stagiaires, 23 et 28 ans, soulignait Le Monde. Et leur chef de bord n'était qu'un simple gardien de la paix, même pas brigadier, avec cinq ans d'ancienneté seulement. C'était pourtant quasi le plus capé de sa brigade.  

Le ministre de l'Intérieur a également évoqué les moyens supplémentaires alloués aux forces de l'ordre (1 milliard d'euros obtenu au titre du plan de relance pour rénover les commissariats, changer sa flotte de véhicules etc...), la généralisation des caméras piétons en juillet 2021, des changements possibles au sein de l'IGPN, le manque d'effectifs dédiés au maintien de l'ordre.... Il a cependant expliqué qu'il "ne partage profondément pas" l'idée selon laquelle il y aurait "un divorce entre la police et la population". Gérald Darmanin a proposé de porter à 30.000 la réserve des policiers, soit le même niveau que la réserve des gendarmes.

Europe 1
Par Guillaume Biet, avec AFP, édité par Mathilde Durand