Face à la chute des dons, les associations caritatives s'alarment de ne pas pouvoir mener leurs actions

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Touchés par la baisse du pouvoir d'achat, la hausse de la CSG et inquiets par le prélèvement à la source, les Français font moins de dons aux associations caritatives, qui s'inquiètent de pouvoir mener à bien leurs actions.

Les Français sont-ils moins généreux ? Depuis le premier trimestre 2018, les associations caritatives sont très inquiètes, car les dons ont chuté de 6,5%. Les Restos du Cœur, Médecins sans frontières, le Secours populaire… toutes sont touchées, et les conséquences peuvent être dramatiques.

 

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Pourquoi les gens donnent-ils moins cette année ?

Dans les arguments des Français que l'on interroge, on entend bien sûr la baisse du pouvoir d'achat. L'un des premiers facteurs en cause dans la baisse des dons semble être la hausse de la CSG pour les retraités, alors que plus de la moitié des donateurs ont plus de 50 ans. La hausse de la CSG représente quelques dizaines d'euros à la fin du mois en moins, et c'est justement ce qui manque dans les caisses des associations. 

Autre raison de la baisse des dons : la suppression de l'impôt sur la fortune qui n'incite plus les plus aisés à défiscaliser. Par ailleurs, le prélèvement à la source inquiète énormément les potentiels donateurs, qui ont l'impression - à tort - que leurs dons seront moins déductibles d'impôts qu'auparavant. Les Restos du Cœur ont parfaitement identifié cette crainte. Sur leur site Internet, vous disposez d'une calculette fiscale spéciale prélèvement à la source, pour comprendre comment vous pourrez déduire vos dons à partir du 1er janvier prochain.

 

Les associations vont-elles devoir renoncer à certaines de leurs actions ?

C'est déjà le cas. Certaines sont même déjà annulées. L'institut Pasteur vit des dons pour la recherche. En un an, les pertes se ressentent déjà. "Le résultat global est de l'ordre de moins 15% de collecte, ce qui représente à peu près 2,5 à 3 millions d'euros en moins par rapport à la collecte de 2017", alerte le docteur Jean-François Chambon, directeur du mécénat. Une somme considérable, d'autant qu'elle était directement employée pour la bonne marche de l'institut. "2,5 millions d'euros, c'est le financement de deux unités de recherche. Si ce ralentissement de la collecte se confirme ou s'amplifie, alors on aura un vrai problème", s'inquiète-t-il.

De son côté, la Fondation Abbé Pierre essuie une baisse des dons de 5 à 6%. Pour son délégué général Christophe Robert, il s'agit là d'un "sujet d'inquiétude majeur", a-t-il avoué sur Europe 1. "Quand on regarde le budget de la Fondation Abbé Pierre, il y a seulement 2% de subventions publiques. Le reste, c'est la générosité du public. C’est vraiment le don qui nous permet d'agir, de mener nos actions… Si on a moins de dons, on donnera moins à nos associations partenaires qui ouvriront moins d'hébergements, moins d'accueil de jour pour les sans-abris…", explique-t-il.

Si elles ont bien conscience que les fins de mois sont difficiles pour beaucoup de Français, les associations les encouragent malgré tout à "ne pas oublier les plus démunis".

Europe 1
Par Victor Dhollande, édité par Anaïs Huet