Expulsions : les jeunes migrants victimes d'un "terrible gâchis humain", dénoncent des célébrités

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Migrants immigration
Des migrants à Calais, le 9 février dernier. Photo d'illustration. © DENIS CHARLET / AFP
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Dans une tribune publiée sur le site du journal Le Monde, plus de 200 responsables associatifs et célébrités pointent une situation actuelle défaillante en matière de traitement des jeunes migrants menacés d'expulsion. Ils avancent plusieurs pistes pour "réduire l'arbitraire des préfectures" en la matière.

Le sort de nombreux migrants, arrivés mineurs en France mais menacés d'expulsion une fois majeurs, représente un "terrible gâchis humain et social", ont dénoncé mardi de nombreuses personnalités dans une tribune qui propose des mesures de "bon sens" pour favoriser leur intégration.

"L'actualité a mis au grand jour la situation de jeunes étrangers présents depuis des années en France, arrivés soit mineurs isolés, soit avec leur famille, en cours d'études, d'apprentissage, accédant à l'emploi souvent dans des secteurs en pénurie de main-d'œuvre et soudain victimes de refus de séjour avec obligation de quitter le territoire (OQTF) dès lors qu'ils arrivent à leur majorité", déplorent dans ce texte publié sur lemonde.fr plus de 200 responsables associatifs et célébrités, dont Agnès Jaoui, Omar Sy ou Lilian Thuram.

"Détresse"

Plusieurs mobilisations récentes, notamment de patrons qui avaient entamé une grève de la faim pour obtenir la régularisation de leurs apprentis - comme le boulanger de Besançon Stéphane Ravacley, également signataire de la tribune -, ont relancé le débat autour du sort de ces ex-mineurs étrangers. "Au-delà de ces cas emblématiques, les jeunes en détresse sont nombreux", estiment les signataires.

"Nous sommes quotidiennement témoins d'un terrible gâchis humain et social : voir des jeunes êtres menacés d'expulsion, réduits à vivre dans la peur, l'errance et la clandestinité, alors que la France est devenue leur pays, celui de leurs liens, de leurs amitiés, de leurs amours, et qu'ils sont prêts à rendre à la société ce qu'elle a investi dans leur formation."

Les célébrités critiquent un "blocage absurde"

Pour "réduire l'arbitraire des préfectures", les auteurs proposent notamment de "faire cesser la suspicion généralisée qui pèse sur de nombreux jeunes dont les actes d'état civil sont régulièrement contestés, alors que leur identité a été confirmée", ou encore de "cesser d'exiger des documents impossibles à présenter".

"Il faut en finir avec le blocage absurde des demandes de rendez-vous en préfecture, qui, sous prétexte de dématérialisation, revient à fermer des voies de régularisation. Ainsi, des jeunes, que la loi oblige à demander un titre de séjour avant 19 ans, sont mis dans l'impossibilité de le faire", poursuit la tribune. "Ce sont là des mesures de bon sens, qui seraient la preuve que le message de ces jeunes, de leurs éducateurs et enseignants, de leurs employeurs, de leurs formateurs, a été entendu."