Enfants de djihadistes rapatriés : "Ils sont encore 250 à vivre dans des conditions indignes"

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L'avocate Marie Dosé était l'invitée d'Europe 1 lundi. 2:57
L'avocate Marie Dosé était l'invitée d'Europe 1 lundi. © Eric FEFERBERG / AFP
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Dix jeunes enfants de djihadistes qui se trouvaient dans des camps du nord-est de la Syrie ont été rapatriés en France dans la nuit de dimanche à lundi. Une bonne nouvelle pour l'avocate Marie Dosé, invitée d'Europe 1, qui se refuse toutefois à crier victoire tant que tous les enfants encore présents dans la zone n'ont pas été ramenés.
INTERVIEW

Dix enfants de djihadistes français qui étaient retenus dans des camps de déplacés sous contrôle kurde en Syrie ont été rapatriés en France dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères. "Un rapatriement, c'est une vie de sauvée", salue l'avocate Marie Dosé, invitée d'Europe 1 lundi midi. "Mais je pense aujourd'hui aux dizaines d'enfants qui vivent toujours dans ces camps", ajoute-elle. 

 

300 enfants de djihadistes français retenus dans deux camps

Pour elle, la "vraie victoire" ne sera prononcée que lorsque "tous ces enfants seront rapatriés avec leur mères, et grandiront en sécurité en France". Car d'après l'avocate, quelque 250 enfants de djihadistes français sont toujours retenus sous des tentes dans les camps d'Al-Hol et de Roj, dans le nord-est de la Syrie. 

"Ils y vivent dans des conditions indignes. Les enfants ne sont pas vaccinés, pas soignés, sont en proie à la famine", alerte Marie Dosé. En 2019, 517 personnes, dont 371 enfants, sont morts dans le camp d'Al-Hol, a indiqué mi-janvier une responsable du Croissant-Rouge kurde dans le camp.

"Certains sont des orphelins, d'autres des 'cas humanitaires'"

Aucune précision n'a été donnée sur le lieu d'arrivée en France des 10 enfants rapatriés, ni sur les circonstances dans lesquelles ils ont quitté la Syrie. "Certains sont des orphelins, d'autres des 'cas humanitaires', selon le ministère des Affaires étrangères", précise Marie Dosé, qui dit ne "pas bien comprendre" les critères qui régissent le "choix" des enfants à rapatrier. 

L'avocate milite pour que tous les enfants puissent être rapatriés avec leurs mères. "La séparation d’une mère et de son enfant est déjà incommensurable... Imaginez-vous un enfant ayant conscience que sa mère et ses frères et sœurs continuent de souffrir dans la même tente où lui-même a souffert." Depuis l'effondrement du groupe Etat islamique en mars 2019, la France a ramené 28 enfants de Syrie. Elle rechigne à ramener les quelque 150 adultes, hommes et femmes, qu'elle estime complices du groupe Etat Islamique. 

Europe 1
Par Laetitia Drevet