"Ecoutes" de Bettencourt : les cinq journalistes relaxés, l'ex-majordome "pas pénalement responsable"

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Les six prévenus avaient déjà été relaxés en première instance.

La Cour d'appel de Bordeaux a confirmé jeudi la relaxe de cinq journalistes dans l'affaire des "écoutes" de Liliane Bettencourt. Ils étaient poursuivis pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" de Liliane Bettencourt.

Des écoutes pour "la protéger". Des amendes de principe avaient été requises à l'encontre des six prévenus. En première instance, une relaxe générale avait été prononcée, mais le parquet de Bordeaux avait fait appel, contrairement à Liliane Bettencourt, 94 ans aujourd'hui et placée sous tutelle en raison du déclin de ses facultés. Dans son arrêt, la cour a notamment considéré que les journalistes (Hervé Gattegno, Franz-Olivier Giesbert pour Le Point; Fabrice Lhomme, Fabrice Arfi et Edwy Plenel pour Mediapart) "n'avaient pas eu intention de porter atteinte à l'intimité de la vie privée" de l'héritière de L'Oréal.

"Protégée malgré elle". La Cour d'appel a aussi estimé que l'ex-majordome de la milliardaire, Pascal Bonnefoy, avait enregistré illégalement sa patronne pour la protéger, et n'était "pas pénalement responsable". Il était jugé pour avoir enregistré à l'insu de sa patronne des conversations privées entre 2009 et 2010 dans son hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine.

Ces écoutes effectuées par Pascal Bonnefoy avaient eu "un caractère effectivement décisif (...) pour la recherche de la vérité" dans l'affaire Bettencourt, a souligné la Cour d'appel. Pour les magistrats, si la vie privée de Liliane Bettencourt a bien été violée, elle "a finalement été protégée malgré elle par l'acte accompli" par son majordome.