Dyslexie, dyspraxie, dysphasie... comment réagir en fonction des "dys"?

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8 % des enfants scolarisés en France souffrent de troubles de l'apprentissage, selon les chiffres de l'Académie de médecine de 2015.
8 % des enfants scolarisés en France souffrent de troubles de l'apprentissage, selon les chiffres de l'Académie de médecine de 2015. © FRED DUFOUR / AFP
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Aujourd'hui, 8% des enfants scolarisés développent des troubles de l'apprentissage. Dyslexie, dysphasie, dyspraxie, dyscalculie peuvent se repérer très tôt. 

Ils ont des répercussions sur la vie scolaire, professionnelle et sociale. Les troubles "dys" - la dyslexie, la dysphasie, la dysorthographie, la dyscalculie - touchent environ 8 % des enfants scolarisés en France, selon les chiffres de l'Académie de médecine de 2015. Une situation souvent difficile pour les parents, qui ne savent pas forcément repérer les signes avant-coureurs, ni même vers qui se tourner. Quels sont les différents troubles des apprentissages ? Comment les détecter ? À l'occasion de la journée nationale des "dys", Europe 1 vous livre quelques clés.

C'est quoi les "dys" ?

Les "dys", ce sont des troubles, invisibles à première vue, mais qui pourtant affectent le développement des enfants. La dyslexie, qui entraîne des difficultés à apprendre à lire, est sûrement la plus connue des "dys", mais il en existe d'autres. La dysphasie concerne ainsi le langage oral, la dyspraxie le développement moteur, la dysorthographie l'écriture, et la dyscalculie la compréhension et l'utilisation des nombres. Depuis 2005, ces différents troubles sont reconnus comme un handicap par la loi.

Quels sont les signes qui doivent alerter ?

La détection des "dys" n'est pas toujours aisée pour les parents et les enseignants. Quelques signes peuvent toutefois aider à les reconnaître. Voici quelques exemples pour les principales formes de "dys".

>> Pour la dyslexie (la lecture)

Il existe plusieurs formes de dyslexie mais, généralement, l'enfant dyslexique se distingue par ses difficultés à mettre en liaison des lettres avec les sons, et à percevoir correctement les sons du langage. L'enfant peut aussi peiner à identifier les formes et à reconnaître des lettres. Par exemple, il peut avoir du mal distinguer la lettre B de la lettre P ou la lettre F et la lettre V. Par ailleurs, l'enfant éprouve des difficultés à décomposer les mots en syllabes, il a alors tendance à ajouter des lettres ou à en omettre.

En maternelle, si l'enfant n'arrive pas à prononcer certains sons, s'il n'arrive pas à écrire son prénom avec un modèle (à partir de 5 ans), s'il n'arrive pas à mémoriser une comptine, cela peut alerter les parents.

En primaire, les nombreuses ratures, le manque de motivation pour apprendre, la mauvaise compréhension des questions posées à l'écrit peuvent également être des signes de dyslexie. Toutefois, la Fédération française des dys rappelle qu'il ne sert à rien de s'alarmer trop vite car certains enfants peuvent mettre plus de temps que d'autres à lire, à s'exprimer, à écrire… C'est lorsque les difficultés perdurent qu'il faut être vigilant.

>> Pour la dyspraxie (le développement moteur)

Comme pour la dyslexie, il existe plusieurs formes de dyspraxie. On parle de dyspraxie gestuelle quand l'enfant a du mal à coordonner ses gestes, de dyspraxie constructive quand il est compliqué pour lui de planifier une tâche et de dyspraxie visio-spatiale quand l'enfant a du mal à poser son regard dans l'espace.

Plusieurs signes peuvent alerter les parents : quand l'enfant fait preuve de beaucoup de maladresse dans la réalisation de ses gestes, quand il est particulièrement lent pour faire un geste, s'il a des difficultés à se concentrer, à se repérer dans le temps et dans l'espace.

>> Pour la dysphasie (le langage)

Les enfants qui souffrent de dysphasie ont du mal à communiquer et à transmettre des informations. Il est souvent compliqué de parler de dysphasie pour les très jeunes enfants car de 2 à 5 ans, l'enfant apprend et développe son langage. En revanche, quelques signes peuvent quand même alerter les parents : si l'enfant ne comprend pas les consignes simples qu'on lui donne, s'il s'exprime peu et mal avec des phrases courtes et avec très peu de verbes.

A partir de 5 ans, les signes sont plus visibles : l'enfant dysphasique utilise peu, en général, le pronom "qui", il a du mal à exprimer les notions de temps et d'espace et il peut avoir du mal à parler distinctement.

Quel spécialiste aller voir ?

Pour tous les "dys", le premier réflexe est d'aller voir son médecin en lui expliquant ses observations. C'est lui qui par la suite saura orienter vers le bon spécialiste. La Fédération française des Dys recommande un bilan pluridisiplinaire qui fait intervenir orthophoniste, neuropsychologue, psychologue clinicien, psychomotricien, ergothérapeute ou encore ophtalmologiste, en fonction des symptômes de l’enfant.

L'orthophoniste, qui intervient souvent dans le cas de dyslexie, aidera par exemple l'enfant lors de séance en dehors de la classe. Il reprendra avec lui les bases de la lecture, l'aidera notamment à se représenter la forme des mots mentalement et à se concentrer sur un apprentissage.

Il est également conseillé d'alerter l'enseignant sur les troubles de son enfant et surtout d'être à l'écoute et d'accompagner ce dernier. Par exemple, le parent d'un enfant dyslexique peut prendre le temps de lire des histoires. "Les parents peuvent jouer à des contrepèteries, à des jeux de rimes, aux mots-tordus", ajoute Stanislas Dehaene, président du Conseil scientifique de l’Éducation auprès de Jean-Michel Blanquer, invité début septembre sur Europe 1. Il recommande d'ailleurs une série d'albums réalisés par Pef : Le prince de Motordu. Car le personnage principal à la fâcheuse tendance de déformer les mots. 

Quelles sont les chances de guérisons ?

Plus tôt le diagnostic est posé, moins les enfants sont impactés. En général, pour la dyslexie, c'est au CP que les premières difficultés apparaissent, même si le diagnostic est plus sûr au CE1. "Il est important de réagir rapidement", assure Monique Touzin, orthophoniste à Paris Santé Réussite, membre du comité scientifique de la FFDys (Fédération française des dys) dans le magazine Top Santé. "Plus vite ces enfants sont identifiés et pris en charge, moins ils prendront de retard".

Europe 1
Par Clémence Olivier