Des véhicules de soignants fracturés pour voler des masques : "C'est incompréhensible"

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Des véhicules de personnel soignant se font braquer. 1:26
Des véhicules de personnel soignant se font braquer. © LOIC VENANCE / AFP
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Des médecins, infirmiers ou encore pharmaciens signalent des véhicules fracturés et des vols de matériel, mais aussi des macarons apposés sur le pare-brise avec le symbole du caducée. Ghislaine a dû enlever le sien sur les conseils de la police.
TÉMOIGNAGE

On les applaudit tous les soirs à 20h Et pourtant les soignants sont de plus en plus victimes de braquages. Partout en France, médecins, infirmiers, pharmaciens signalent des véhicules fracturés. Un logo suscite la convoitise : le caducée, cette sorte de sceptre enlacé par des serpents. Les malfaiteurs semblent y voir un sésame pour circuler en plein confinement pour cause de coronavirus. Ghislaine, infirmière libérale dans l'Hérault, n'avait jamais vu ça. Elle a dû enlever le sien de son pare-brise, raconte-t-elle mercredi sur Europe 1.

"Mardi soir, mon dernier patient était à 21 heures, à peu près. Tout à coup, on entend sonner et c'était la police, qui me dit 'je viens de voir que vous avez le caducée sur votre voiture, il faut l'enlever, et tout ce que vous avez dans la voiture'", témoigne l'infirmière qui n'en revient toujours pas. "Il n'est plus sur ma voiture. Je l'ai enlevé, je le cache".

"On a besoin de notre véhicule pour travailler"

Une précaution nécessaire face à la recrudescence de vols et de braquages de véhicules de soignants, infirmiers, médecins ou pharmaciens. "Ils pensent que c'est un laissez-passer pour aller n'importe où, ou alors ils cassent la vitre de la voiture pour nous prendre des gants ou des masques, pareil pour la solution hydroalcoolique. Donc il faut tout ranger dans notre coffre de voiture, on ne peut pas faire autrement parce qu'on a besoin de notre véhicule pour travailler", regrette Ghislaine qui trouve ces comportements inadmissibles.

"Qui va s'occuper des patients ?"

"C'est vraiment incompréhensible, c'est une vraie atteinte à notre profession. Ce que je ne comprends pas, c'est qu'on peut nous applaudir le soir à 20h, mais si on a des gestes à l'encontre des soignants, qui va s'occuper des patients, s'il n'y a pas ces soignants qui sont des experts ? Personne n'est en capacité de le faire, personne !", s'emporte-t-elle.

Il y a quelques jours, des véhicules du personnel de l'hôpital de Poissy dans les Yvelines ont ainsi été fracturés. Pour rappel, le signe du caducée ne permet pas de circuler plus facilement puisqu'en cas de contrôle, des documents professionnels sont demandés.

Europe 1
Par Jihane Bergaoui, édité par Séverine Mermilliod