Des "gilets jaunes" à Marseille s'opposent à une réunion d'autres "gilets jaunes"

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Des "gilets jaunes" se sont retrouvés samedi pour une réunion d'ordre politique dans les locaux de "La Provence", à l'invitation de Bernard Tapie.
Des "gilets jaunes" se sont retrouvés samedi pour une réunion d'ordre politique dans les locaux de "La Provence", à l'invitation de Bernard Tapie. © Europe 1
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Une réunion de "gilets jaunes" organisée samedi dans les rotatives de "La Provence" a suscité la colère d'autres "gilets jaunes", qui sont venus devant les locaux du journal aux cris de "collabos". 

Plus d'une centaine de "gilets jaunes" se sont rassemblés samedi après-midi à Marseille devant le journal La Provence où se déroulait une réunion d'autres "gilets jaunes" à laquelle ils s'opposent. La réunion, prévue dans un local appartenant au journal régional à côté des rotatives et prêté par l'actionnaire principal Bernard Tapie, avait été présentée à la presse par l'un des organisateurs comme "un temps fort et décisif dans la concrétisation de l'entrée en politique, dans le cadre institutionnel, d'un mouvement citoyen issu de la mobilisation des gilets jaunes". Elle a débuté samedi matin en présence d'une soixantaine de participants.

Des "gilets jaunes" insultés de "collabos" par d'autres "gilets jaunes". Toutefois, à l'extérieur du journal où ont pris position des CRS, la confusion régnait en début d'après-midi, d'autres "gilets jaunes" protestant contre la tenue de cette réunion par des sifflets et aux cris de "collabos". "Les gens à l'intérieur ne nous représentent pas", a déclaré Luc, sans vouloir donner son identité complète, tandis que d'autres accusaient les "gilets jaunes" réunis à l'intérieur de vouloir présenter une liste aux européennes.

Lorsque les "gilets jaunes" participant à la réunion sont sortis pour s'expliquer, ils ont été hués et sont rentrés à nouveau. S'exprimant derrière les grilles du journal, Ingrid Vavasseur, une de leur représentantes, a regretté "cette incompréhension". "Dommage car on est tous d'accord. Il faut s'unir", a-t-elle dit. "Il est trop tôt pour créer une liste européenne", a-t-elle encore déclaré.

 

La rédaction juge cette réunion déplacée. Du côté des journalistes du journal local, on regrette la tenue de cette réunion dans leurs locaux. "La rédaction de La Provence est atterrée, c'est un mélange des genres hallucinants", a réagi Sophie Manelli, élue du Syndicat national des journalistes. "Un journal indépendant et apolitique ne peut pas servir de base logistique à un mouvement politique. C'est incompatible", a déploré la représentante syndicale. "Bernard Tapie peut porter un gilet jaune, mais qu'il invite ses nouveaux amis chez lui dans sa magnifique maison, un journal n'est pas un jouet", a-t-elle insisté.