"Gilets jaunes" : Bernard Tapie ouvre les portes de "La Provence" aux manifestants

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"Les accueillir donne l'impression que l'on roule pour eux", condamne un journaliste de "La Provence". © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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Nathalie Chevance, édité par Grégoire Duhourcau , modifié à
Fervent soutien de la cause des "gilets jaunes", Bernard Tapie a proposé de mettre une salle à disposition des manifestants dans les locaux de "La Provence", journal dont il est propriétaire.

Une cinquantaine de "gilets jaunes" réunis dans le hangar à papier du journal La Provence. Voilà à quoi pourrait ressembler "l'acte 8" de la mobilisation, samedi à Marseille. Le propriétaire du journal, Bernard Tapie, ne cache pas son soutien à la mobilisation et a proposé de mettre une salle à la disposition des manifestants. L'objectif est de lancer "Gilets Jaunes le Mouvement", une association à vocation politique qui compte déjà 14.000 pré-inscriptions.

"Bernard Tapie a vraiment un cœur de 'gilet jaune'."Les "gilets jaunes" se structurent pour 2019, année d'élections européennes, grâce au coup de pouce de Bernard Tapie. "Bernard Tapie a vraiment un cœur de 'gilet jaune'. Il a vraiment une façon de nous dire 'bravo à tous, je vais vous aider. J'ai la possibilité de vous passer des locaux, allons-y'. Il a fait ses affaires, il a fait sa vie. On a des chefs d'entreprise qui font aussi leurs affaires dans notre mouvement donc ce n'est pas contradictoire. C'est vraiment une main tendue sans quoi que ce soit en retour", assume Paul Mara, porte-parole du mouvement "gilets jaunes", sur Europe 1.

"Les accueillir donne l'impression que l'on roule pour eux." Sauf que dans les couloirs du journal, on rit jaune. Les journalistes estiment avoir été mis au pied du mur. Un mélange des genres qu'Eric Breton, délégué SNJ à La Provence, condamne : "On est choqué, très désagréablement surpris. Les accueillir donne l'impression que l'on roule pour eux."

"Demain, n'importe quel autre mouvement peut revendiquer de se réunir au sein du journal." "On reçoit un mouvement qui porte des revendications politiques, sociales. C'est un peu jouer les apprentis sorciers et c'est ouvrir la boîte de Pandore. Demain, n'importe quel autre mouvement peut revendiquer de se réunir au sein du journal", craint-il. Des tables, des chaises, des vigiles... Voilà ce que La Provence a prévu de mettre à disposition des "gilets jaunes".