Dans l'abattoir de l'Indre, un personnel pas toujours qualifié et un chef aux abonnés absents

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L'envoyé spécial d'Europe 1 a discuté avec d'anciens employés de l'abattoir du Boischaut, accusé de maltraitance animale suite à la diffusion d'une vidéo par L214 et fermé pour trois mois par le ministère de l'Agriculture. Ils expliquent les nombreux problèmes et négligences de l'établissement.
REPORTAGE

Des animaux suspendus par une patte, découpés alors qu'ils sont encore conscients… L'association antispéciste L214 a diffusé samedi une vidéo choc montrant les activités de l'abattoir du Boischaut, un établissement public de Lacs, dans l'Indre. Le scandale est tel que le ministère de l'Agriculture a immédiatement ordonné la fermeture provisoire de l'établissement certifié bio, où sont équarris 17.000 animaux chaque année.

Europe 1 a pu rencontrer d'anciens employés de l'abattoir. Ce qu'ils racontent permet de comprendre pourquoi cet établissement ne pouvait pas fonctionner correctement.

Où est le chef ? Pour eux, le premier problème de l'abattoir du Boischaut confère à sa gestion, par la communauté de communes du Pays de La Châtre-Sainte-Sévère. Son président François Daugeron doit s'occuper, en plus de sa mairie, de la bibliothèque ou de la piscine de l'agglomération, et n'a donc pas le temps d'assurer une présence permanente à l'abattoir. L'homme, qui a indiqué à France Inter samedi avoir "pris conscience de la situation" et vouloir "tout mettre en oeuvre pour améliorer" les contrôles, est pour ainsi dire le seul encadrant des 17 salariés. Ces derniers sont tous au même niveau hiérarchique. Il n'y a pas ni intermédiaire, ni chef en fonction des différentes unités. Quand le président est absent, les employés sont livrés à eux-mêmes, ce qui évidemment favorise les négligences.

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Pas d'abatteur formé. Selon les anciens employés que nous avons contactés, le personnel de l'abattoir n'est tout bonnement pas spécialisé. "Abatteur, ce n'est pas un métier que l'on apprend", nous a même assuré l'un d'eux. D'ailleurs, peu de personnes sont candidates pour effectuer ce travail pénible. "Ce sont donc des intérimaires, des chômeurs de longue durée ou encore des repris de justice qui viennent y travailler", confie un ancien membre de l'équipe. Certains disparaissent même au bout de trois jours, sans donner de nouvelles, tant ils ont du mal avec les conditions de travail et le maigre salaire.

Conséquence de cette situation : l'abattoir connaît un très fort turn-over. Et cette instabilité dans les équipes dure depuis plusieurs années.