Biarritz sous cloche avant le G7 : "La ville est complètement différente, ça fait un peu peur"

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L'immense dispositif de sécurité déployé pour le G7 a figé la ville de Biarritz, au détriment des commerçants privés de clients potentiels en cette fin de saison.
REPORTAGE

Des chefs d'État et leurs délégations, 13.000 policiers et gendarmes sur place… Si la ville de Biarritz n'est pas "bunkerisée" avant le G7 qui s'ouvre samedi, comment décrire l'atmosphère qui règne dans la cité basque ? On est en haute saison, mais la petite balade sur une place du centre-ville a des airs de mois de janvier. "C'est la même fréquentation qu'en hiver, et il y a même un peu de monde en hiver. Aujourd'hui, vraiment, c'est déserté", assure un couple de vacanciers toulousains, habitués de Biarritz. "C'est très agréable", renchérit un autre touriste.

"La ville est morte"

Agréable, ce n'est pas le mot qu'emploient les patrons de café, dans la zone rouge, la plus protégée : leurs terrasses restent désespérément vides, comme a pu le constater Europe 1. Chantal, une vendeuse de prêt-à-porter, a travaillé pour rien vendredi : "Je n'ai eu personne, alors qu'il y a du monde d'habitude", assure la commerçante. "Le maire a souhaité que les magasins restent ouverts, mais la ville est morte."

" La ville est complètement différente, ça fait un peu peur, avec des hommes armés partout "

"La ville est complètement différente, ça fait un peu peur, avec des hommes armés partout, des rues bloquées, des bâtiments militaires au large sur la mer", liste Nathalie, une Biarrote mal à l'aise au cœur de cet immense dispositif de sécurité. On voit des scènes de guerre un peu impressionnantes, on n'est pas habitués à ça, et ça va être compliqué."

Bayonne est aussi barricadée

Et le centre-ville risque d'ailleurs d'être encore un peu plus terne samedi. De très nombreux commerçants voulaient attendre de voir la fréquentation vendredi pour savoir s'ils resteraient ouverts jusqu'à mardi ; ils ont été servis.

La situation est la même à Bayonne, à deux pas de Biarritz. La ville a été désertée par les touristes et les promeneurs, par peur de rassemblements potentiellement violents d'opposants anti-sommet, défiant les interdictions de manifester. Dans les rues du centre-ville, le vrombissement des visseuses fixant des panneaux de bois sur les vitrines des commerces était incessant dès la matinée.

Europe 1
Par Pierre Herbulot, à Biarritz, édité par Thibaud Le Meneec