Coronavirus : les nouvelles mesures prises par l'Italie sont-elles disproportionnées ?

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L'Italie, pays européen le plus touché par le coronavirus, a décidé ce dimanche de mettre prochainement en quarantaine plusieurs régions. 3:16
L'Italie, pays européen le plus touché par le coronavirus, a décidé ce dimanche de mettre prochainement en quarantaine plusieurs régions. © Miguel MEDINA / AFP
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Anne-Claude Crémieux, professeure en maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Louis à Paris, revient au micro d'Europe 1 sur les mesures drastiques prises par l'Italie pour tenter d'endiguer la prolifération du coronavirus dans le pays. Elle affirme que le fait de confiner certaines zones "va forcément être envisagé par tous les pays".
ANALYSE

Pour lutter contre la propagation du Covid-19 en Italie, le gouvernement de Giuseppe Conte emploie les grands moyens. Après avoir annoncé mercredi la fermeture des écoles et des universités jusqu'au 15 mars, le gouvernement italien a lancé ce dimanche de nouvelles mesures d'urgence. La Lombardie va ainsi prochainement être placée en quarantaine, dont la capitale économique du pays Milan. La région de Venise, le Nord de l'Emilie-Romagne et l'Est du Piémont, seront également concernés, ce qui provoque parfois la panique du côté des habitants. L'Italie va aussi fermer ses musées, théâtres, cinémas et autres salles de spectacle sur tout son territoire jusqu'au 3 avril.

L'OMS salue les mesures prises par l'Italie

Au micro d'Europe 1, Anne-Claude Crémieux, professeure en maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Louis à Paris, revient sur ces mesures, qu'elle ne juge pas excessives. "Toutes les stratégies qui visent à éviter la proximité des personnes les unes avec les autres (...) sont des bonnes mesures, en plus des mesures d’hygiène", explique-t-elle.

Interrogée plus spécifiquement sur le confinement global de plusieurs régions, qui concernent plus de 15 millions de personnes en Italie, la professeure en maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Louis rappelle qu'elle avait été employée en Chine au début de l'épidémie. "Avec une certaine efficacité", souligne Anne-Claude Crémieux. "C'est une mesure qui apparaît dans les différents plans de réponse de différents pays à une épidémie, et elle a été saluée par l’Organisation mondiale de la Santé". En effet, le directeur de l'OMS a félicité le gouvernement italien, qualifiant sur Twitter les mesures prises de "courageuses".

La France, prochaine sur la liste ?

"L'essentiel de ces mesures, c'est d'éviter la circulation du virus", martèle la professeure. "Pas seulement d'une zone géographique à une autre, mais à l'intérieur d'une même zone géographique. Car cette épidémie actuelle l'a montré : ce sont les rassemblements de personnes et en particulier dans les lieux clos qui sont un accélérateur", de la propagation, affirme Anne-Claude Crémieux.

Mais alors que les départements du Haut-Rhin et de l'Oise, deux foyers importants de l'épidémie en métropole, vont voir leurs écoles fermées pour les quinze prochains jours, serait-il possible d'imaginer un scénario à l'italienne en France ? "Ces mesures vont forcément être envisagées par tous les pays", répond Anne-Claude Crémieux, affirmant que le plus important sera non pas de savoir si un confinement aura lieu, mais quand il sera décidé. "Si les mesures sont prises trop tard, elles risquent d'être moins efficaces. Si elles sont prises trop tôt, elles risquent d'être difficiles à maintenir à long terme et de maintenir l'activité essentielle du pays", explique-t-elle.

 

 

Europe 1
Par Ariel Guez