Coronavirus : "Au lieu d'être soutenus, on est sanctionnés", déplore la maire de Marseille

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Michèle Rubirola regrette le manque de concertation entre le gouvernement et les acteurs locaux. 1:03
Michèle Rubirola regrette le manque de concertation entre le gouvernement et les acteurs locaux. © AFP
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Au micro d'Europe 1, la maire de Marseille Michèle Rubirola a regretté les mesures annoncées par le gouvernement pour la ville de Marseille, avec la fermeture des bars et des restaurants. "Au lieu d'être soutenus, on est sanctionnés", déplore-t-elle. 
INTERVIEW

Du côté des élus marseillais, la mesure ne passe pas. En annonçant de nouvelles restrictions draconiennes pour lutter contre l'épidémie de coronavirus dans la métropole d'Aix-Marseille, parmi lesquelles la fermeture totale des bars et restaurants à partir de samedi, le ministre de la Santé Olivier Véran a provoqué de vives réactions dans la cité phocéenne. Au micro d'Europe 1, la maire de la ville, Michèle Rubirola, a ainsi fustigé les nouvelles directives. "Au lieu d'être soutenus, on est sanctionnés", déplore-t-elle.

"Les efforts commencent à payer"

Celle qui a succédé à Jean-Claude Gaudin aux dernières élections municipales demande au gouvernement de revoir sa copie. "Ce serait un signe très positif qu'il faut envoyer à notre territoire", assure-t-elle. Pour Michèle Rubirola, les règles annoncées mercredi visent injustement sa ville, au regard des mesures déjà prises au niveau local. "Tous les efforts que la ville de Marseille et que les Marseillais ont mis en place commencent à payer, et on n'en tient pas compte", insiste-t-elle. 

"On a consenti à de gros efforts depuis plusieurs semaines, les chiffres parlent pour nous", dit encore Michèle Rubirola. "Et au lieu d'être félicités, soutenus, accompagnés, on est sanctionnés." Elle reproche notamment au gouvernement de ne pas avoir tenu comptes des toutes dernières évolutions dans la cité phocéenne : "Les services de réanimation à Marseille ne sont pas saturés. Il y a eu une augmentation du nombre de patients Covid, c’est vrai, sauf qu’il y a un infléchissement de la courbe. Il faut faire parler les chiffres !", martèle l’édile. "Je demande à Olivier Véran d’arrêter de faire peur, de prendre une position de médecin et d’analyser les chiffres." Elle dénonce encore une forme de dictature sanitaire, déplorant le manque de concertation avec les élus locaux au moment des prises de décisions.

 

"Vous vous rendez-compte de l’impact social et économique ?

La mairie de Marseille, par la voix de son premier adjoint Benoît Payan, a réclamé jeudi un délai de 10 jours "avant la mise en œuvre de nouvelles mesures". De son côté, le président LR de la région PACA, Renaud Muselier, entend déposer vendredi un recours en référé liberté devant le tribunal administratif de Marseille, "contre tout acte restreignant l’exercice de la liberté d'entreprendre, d'industrie et du commerce de façon disproportionnée", a-t-il précisé dans un communiqué.

"Vous vous rendez-compte de l’impact social et économique ? 7.000 emplois directs et 28.000 emplois indirects sont concernés. Ça n’est pas entendable", abonde Michèle Rubirola, qui évoque également un possible recours devant le Conseil d'Etat.

Marseille et sa métropole en "alerte maximale", comme la Guadeloupe 

La métropole Aix-Marseille et la Guadeloupe ont été placées mercredi en état d'alerte maximale. Les bars et restaurants devront fermer en totalité à partir de samedi, tout comme l'ensemble des établissements recevant du public qui n'ont pas de protocole sanitaire strict. Ces mesures sont prises pour une durée de 15 jours et "seront réévaluées en fonction de l'évolution de la situation épidémique", avait annoncé Olivier Véran. 

Les zones dites "d'alerte maximale" sont celles où la situation sanitaire est la plus tendue, avec un taux d'incidence supérieur à 200 cas positifs pour 100.000 habitants, et de plus de 100 cas pour 100.000 chez les plus de 65 ans. Dans ces zones, les patients Covid représentent également plus de 30% des admis en réanimation.

Europe 1
Par Antoine Terrel