Confinement : un jeune homme porte plainte pour violences policières en Essonne

Le jeune homme accuse des policiers de "violences aggravées". Photo d'illustration.
Le jeune homme accuse des policiers de "violences aggravées". Photo d'illustration. © AFP
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avec AFP
Un jeune habitant des Ulis a porté plainte vendredi auprès du parquet d'Evry. Il accuse des policiers de "violences aggravées" lors d'un contrôle lié au confinement. 

Un jeune homme qui accuse des policiers de "violences aggravées" lors d'un contrôle lié au confinement aux Ulis, en Essonne, a porté plainte vendredi auprès du parquet d'Evry, a-t-on appris auprès de l'avocat du jeune homme.

La plainte contre X, que l'AFP a pu consulter, a notamment été déposée pour "violences volontaires aggravées par personne dépositaire de l'autorité publique, en réunion, avec usage ou menace d'une arme" et "non-assistance à personne en danger".

"Le tort qu'il a eu, c'est de partir en courant"

Lundi en fin d'après-midi, Sofiane, agent logistique chez Amazon et habitant des Ulis, se rendait du domicile de son père à celui de sa mère avant de se rendre à son travail de nuit, selon le récit de cette dernière. "Le tort qu'il a eu, c'est de partir en courant lorsqu'il a vu les forces de l'ordre. Il a expliqué qu'il avait fait ça parce qu'il avait peur de se faire tabasser et qu'en plus, il n'avait pas son attestation sur lui", raconte sa mère Aïcha à l'AFP. 

La suite des événements apparaît dans des vidéos massivement partagées sur les réseaux sociaux. Le jeune homme, encerclé par plusieurs agents de la brigade anticriminalité, est mis à terre et frappé à de multiples reprises puis amené sous le porche d'un bâtiment d'où s'échappent ses cris stridents.

Samim Bolaky, l'avocat du plaignant, a souligné le "stress post-traumatique" subi par son client, relevant le "caractère extrêmement grave" de ces violences, "surtout dans cette période de crise sanitaire". "La violence policière dont on parle est institutionnelle et c'est quelque chose d'extrêmement effrayant. (...) On est dans des quartiers où des personnes parfaitement honnêtes vivent dans la peur de croiser la police", a-t-il estimé. Me Bolaky a également demandé l'ouverture d'une enquête auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la police des polices).  

4 jours d'ITT

"Pourquoi on l'isole pour continuer le massacre?", s'indigne sa mère, encore sous le choc.  "Je ne reconnais pas mon fils, il est abattu, absent", confie-t-elle dans un sanglot, le décrivant comme étant d'ordinaire "très sensible".

Le jeune homme, blessé au visage et présentant de nombreux hématomes sur le corps, s'est vu prescrire quatre jours d'ITT, selon un certificat médical que l'AFP a pu consulter.