Condamnation de Monsanto : "Ces firmes réalisent qu'elles ne pourront pas rester impunies"

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Sur Europe 1, l'agriculteur Paul François, figure de proue de la lutte contre le glyphosate, a estimé que la condamnation de Monsanto à payer 289 millions de dollars à un jardinier américain était "un symbole très, très fort".

INTERVIEW

C'était le procès du pot de fer contre le pot de terre. Et finalement, c'est Goliath qui a perdu. Le géant de l'agrochimie Monsanto a été condamné à payer 289 millions de dollars, soit environ 250 millions d'euros, à un jardinier américain de 46 ans, atteint d'un cancer en phase terminale. Il accusait le Roundup, le produit phare de Monsanto, d'être à l'origine de sa maladie. Si l'entreprise spécialisée dans les biotechnologies agricoles a décidé de faire appel, cette décision est déjà "un symbole très, très fort" pour Paul François, paysan et figure de proue de la lutte contre le glyphosate.

La preuve que Monsanto "peut commercialiser des produits dangereux". "D'abord parce que cette société se défend de pouvoir fabriquer des produits dangereux ; là, ça prouve qu'elle peut non seulement les fabriquer mais aussi les commercialiser", souligne sur Europe 1 le président de l'association Phyto-victimes et auteur du livre Un paysan contre Monsanto.

"Ces firmes se sentent au-dessus des lois". "Et c'est un symbole aussi parce que ces firmes se sentent au-dessus des lois parce qu'elles peuvent se payer des cabinets d'avocats extrêmement efficaces et redoutables. On voit que même une société comme Monsanto ou Bayer, qui est aujourd'hui propriétaire de Monsanto, peut être condamnée et doit assumer ses responsabilités pour avoir commercialiser des produits dangereux pour la santé humaine", poursuit le céréalier charentais, lui-même en procès contre Monsanto.

"Je crois aussi que les firmes sont en train de prendre conscience qu'elles ne pourront pas rester impunies", conclut l'agriculteur, qui avait été intoxiqué en avril 2004 après avoir inhalé des vapeurs de Lasso, un herbicide de Monsanto qu'il utilisait dans sa culture du maïs. 

Lui-même en procès contre Monsanto. Après des années de procédure, Monsanto a été reconnu responsable de l'intoxication de cet agriculteur devant la cour d'appel de Lyon en septembre 2015 mais cette décision a ensuite été annulée à l'été 2017 par la Cour de cassation. Son dossier sera à nouveau débattu le 6 février 2019. Avec, sans aucun doute, une nouvelle décision sur laquelle s'appuyer.