Affaire Daval : comment le procès a révélé la personnalité "caméléon" de l'accusé

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Jonathann Daval a reconnu au cours de son procès le meurtre de sa femme, Alexia. 2:51
Jonathann Daval a reconnu au cours de son procès le meurtre de sa femme, Alexia. © AFP
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Au terme de six jours d'audience, Jonathann Daval sera fixé sur son sort samedi dans la soirée. Il a reconnu lors de son procès le meurtre intentionnel de sa femme Alexia. Aude Bariéty, auteure de "L’Affaire Daval" revient sur Europe 1 sur l'analyse de la personnalité du meurtrier présumé au cours de son procès. 
INTERVIEW

Jonathann Daval s'est dit vendredi prêt à "payer" pour le meurtre de sa femme, Alexia. L'informaticien de 36 ans a reconnu devant la cour d'assise de Haute-Saône avoir tué intentionnellement son épouse en octobre 2017. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité et sera fixé sur son sort samedi dans la soirée, au terme de six jours d'audience, un de plus que les cinq prévus.

Au cours de la semaine, la personnalité du meurtrier présumé a occupé une large place au sein des débats. "L'un des psychologues lui a diagnostiqué une personnalité 'caméléon'. En première personnalité, un Joanthann Daval gentil, serviable, soumis, un peu dominé. Et puis plus secrètement, une personnalité plus agressive, plus dominatrice", explique samedi sur Europe 1 Aude Bariéty, journaliste au Figaro, auteure de L’Affaire Daval. Ces deux aspects de sa personnalité "ne se rencontrent jamais", ajoute-elle. "Et quand cela arrive, à de très rares reprises, cela peut déclencher des choses comme le malaise de l'accusé mercredi soir en plein interrogatoire."

"Jonathann Daval est peut-être resté un enfant"

Jeudi, Jonathann Daval était ensuite longuement revenu sur le soir du crime, qui s'est déroulé à leur domicile dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017, sur fond de difficultés conjugales aiguës : Alexia souhaitait avoir un enfant mais son mari, qui souffrait de troubles de l'érection, la fuyait de plus en plus. "Elle s'impliquait dans ce désir d'enfant, prenait un traitement, mais lui ne suivait pas. Au procès, on s'est rendu compte que Jonathann Daval était peut-être resté un enfant, comme l'a dit un psychologue, et que cet enfant ne pouvait pas avoir de responsabilités d'adulte", raconte Aude Bariéty. 

Une adolescence marquée par "des troubles obsessionnels" 

Pour mieux cerner la personnalité du meurtrier présumé, sa vie a été passée au crible. "On parle d'une enfance normale, avec quand même pas mal de troubles de santé. Une adolescence marquée par des troubles obsessionnels compulsifs après la mort de son père. Et ensuite un début de vie adulte où il se montre calme, gentil, serviable. Mais on voit qu'il y avait dans son couple de plus en plus de tensions." 

Samedi, l'avocat général, chargé de porter l'accusation, présentera ses réquisitions à partir de 9h30. Les trois avocats de la défense, qui ont d'ores et déjà annoncé qu'ils entendaient plaider l'homicide volontaire, prendront ensuite la parole. L'accusé pourra s'exprimer une dernière fois. Le verdict devrait être rendu en fin d'après-midi ou début de soirée. 

Europe 1
Par Laetitia Drevet